Territoires et haut débit : le blog des projets

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lundi 29 novembre 2004

Manche Numérique

Le Syndicat Mixte Manche Numérique a vu le jour en juin dernier. Son but est de développer les technologies de l’information et de la communication sur le territoire de la Manche en Basse Normandie. Les actions du syndicat mixte sont découpées en deux grands axes. L’informatique de gestion et l’aménagement numérique du territoire. Les actions du syndicat mixte vont permettre la couverture en haut débit à 100% du territoire manchois.

La partie « Informatique de gestion », Le pôle « Assistance à l’informatique de gestion » est composé de 4 techniciens qui assiste au quotidien les collectivités membres dans leur démarche d’informatisation. Depuis plus de 10 ans, les techniciens renseignent et dépannent les membres sur le progiciel de gestion « Magnus ». Lorsqu’un des membres souhaite faire évoluer son parc informatique, les techniciens lui apporte un conseil et le guide dans les démarches.

La partie Aménagement Numérique du Territoire Elle regroupe plusieurs branches : les autoroutes de l’information, les boucles locales et les usages.

Les autoroutes de l’information.

Pour faire face aux conditions technico-économiques d’aujourd’hui qui freinent le développement de ces services, le Conseil Général a décidé de créer des infrastructures destinées à supporter des réseaux de communication à haut débit aussi appelées « autoroute de l’information » : il s’agit du Backbone Universel de Services (B.U.S.)

Les boucles locales

Il est en outre nécessaire de mener une concertation auprès des collectivités locales afin de prolonger le BUS à l’échelon local et de permettre l’émergence de services haut débit adaptés aux besoins exprimés : il s’agit des boucles locales.

D’ici fin 2006, le syndicat mixte aura effectuer l'ensemble de ces projets de boucles locales et la couverture en haut débit sera une réalité sur 100% du territoire.

Les usages

Avoir un accès à moindre coût à des services d’accès haut débit ne suffit pas à faire entrer la Manche dans la Société de l’Information : il faudra avant tout que chacun y trouve son intérêt.

Chaque année, le Syndicat Mixte réalisera des actions de développement des usages en matières de Technologies de l’Information et de la Communication, comme par exemple :

le développement des télé-procédures administratives la numérisation des zones d’activité les TIC pour l’enseignement et la formation professionnelle la domotique pour le maintien à domicile des personnes âgées Manche Numérique est un outil global de promotion et de développement des TIC dans la Manche.

dimanche 28 novembre 2004

Le Sivu diversifie les technologies employées

Nous allons en effet dans quelques jours commencer à déployer un réseau WiFi, connecté à Internet par satellite, dans le village de St-André de Cruzières et installer une "diffusion" par CPL à partir d'une connexion MMDS à l'école de Colombier le Vieux.

A contrario de ce que le billet précédent annonçait, les Inforoutes de l'Ardèche vont marquer une pause dans le déploiement du réseau hertzien MMDS. Deux raisons à cela :

  • nous attendons le détail de la procédure que va mettre en place

l'ART pour l'attribution des fréquences, la nôtre arrivant en fin d'autorisation le 31 décembre 2004, et selon la procédure retenue (enchères, périmètre), d'en connaître le coût ! La poursuite du déploiement de notre infrastructure de couverture MMDS nécessite que tout cela soit clarifié par l'autorité de tutelle.

  • un autre problème est intrinsèque à la technologie MMDS. D'une

part, elle est unidirectionnelle et nécessite une autre infrastructure de voie de retour, d'autre part elle est restée propriétaire, donc marginale, et les matériels restent chers car fabriqués en très petit nombre. Plus d'infos sur le déploiement MMDS en Ardèche.

En attendant, les équipements resteront actifs parce que plusieurs dizaines d'utilisateurs en ont besoin (83 connectés exactement). Essentiellement des "publics" (mairies, écoles, centres multimedias du réseau d'accès public ardéchois) mais aussi quelques privés, des petites entreprises qui n'avaient pas d'autres solutions que la nôtre.

Mais nous mettons à profit cette attente pour diversifier nos savoirs-faire :

A Saint-André de Cruzières, (425 habitants) nous allons reprendre une expérimentation qui était tombée à l'eau suite à la faillite de la Sarl qui l'avait montée. Nous y étions déjà associés, aux côtés de la mairie, en ayant fourni la parabole satellitaire, mais n'avions pas participé à la mise en oeuvre. Après le dépôt de bilan de la société, qui n'avait d'ailleurs pas procédé à l'établissement du réseau Wifi pour le village, la mairie nous a appelé à l'aide. La convention devrait être validée par le conseil municipal à la mi-décembre et le chantier démarrera tout de suite après. Nous espérons connecter les premiers abonnés à la fin janvier, début février. Voir le communiqué de presse de novembre 2002 sur le démarrage de l'expérimentation originelle de St-André de Cruzières

A Colombier le Vieux, (557 habitants) nous allons connecter tous les postes des écoles maternelles et primaires par le réseau électrique avec le CPL. Le matériel est à l'achat. Son installation aura lieu au mois de janvier. Nous allons installer, bien que plus coûteux, des matériels "outdoor", parce que les batiments sont séparés, et pour acquérir la compétence. Le haut débit sera servi en voie descendante uniquement par une réception MMDS qui était déjà en place depuis un an, mais sur un seul poste. La voie montante se fera par le réseau NUMERIS. Colombier le Vieux est susceptible d'être désservi par ADSL à l'horizon 2006.

A Saint-Agrève, (2700 habitants), qui est la ville de notre siège social, nous avons mis en place depuis un an un réseau haut-débit de type RLAN. C'est un réseau fermé qui dessert les écoles, le siège du Sivu, la mairie et le centre culturel (accès public). Un "pont" RLAN tire depuis St-Agrève sur le relais de Serre-en-Don, qui rebondit vers notre tête de réseau au Cheylard, où nous avons nos deux accès Internet à 1 megabits (l'un est propre au Sivu, l'autre, "Amplivia" est dédié aux établissements scolaires et fourni par la région Rhône-Alpes ). L'inconvénient de ce genre de solution est le risque de perturbation qu'engendre le faisceau sur d'éventuels réseaux WiFi situés le long de sa trajectoire, qui est quand même de 20 kms. WiFi et RLAN utilisent en effet le 2,4ghz comme support.

Ce qu'on peut dire de l'action "haut-débit MMDS" du Sivu depuis 2002, c'est que même si elle ne fournit pas une réponse complète aux besoins des utilisateurs, notamment ceux des entrerises, à cause de l'unidirectionnalité, elle a en tout cas servi d'aiguillon à France Télécom, qui annonce régulièrement de nouvelles ouvertures ADSL, souvent opérées là où on a ouvert une diffusion hertzienne MMDS. Ils ont en effet commencé à ouvrir des centraux de moins de mille lignes, et nous annoncent 96 % de la population couverte à l'échéance de la fin 2006. Voir leur plan d'ouverture ADSL en Ardèche

Enfin, d'une façon plus générale, le Sivu des Inforoutes va maintenant diversifier les technologies alternatives de haut débit Internet qu'il emploie, et donc expérimenter chacune d'elles (on attend plus que le WiMax normé), pour être en mesure d'étudier la meilleure solution dans les zones blanches qui resteront après la fin du déploiement de l'ADSL. L' Ardèche est un département de montagnes et de petites communes. Le Sivu en rassemble deux sur trois et doit pouvoir proposer une solution à chacune.

jeudi 25 novembre 2004

Accompagnement

Difficile de créer un réseau alternatif et de rester les bras ballants pour attendre les "usages". En effet, si vous faites dans l'alternatif, c'est que vous êtes dans un cas assez particulier: vous risquez, comme nous, de proposer un media à des gens complètement néophytes. Il faut les ac-com-pa-gner. §:-) Nous connectons par exemple deux sites de particuliers très isolés qui n'avaient jamais, avant qu'on les connecte, utilisé d'ordinateurs: leurs machines étaient encore dans les boîtes, et là-dessus on leur balance le haut débit. Si on ne leur avait pas promis, au départ, de les accompagner, ils n'auraient sans doute pas participé à l'expérience Si on ne les avait pas accompagnés au départ, nous n'aurions pas non plus récolté leurs impressions avec la même ingénuosité, ou sincérité Par exemple: leurs premières navigations solo, c'était un peu comme lâcher des acteurs sur les planches, et c'était aussi contempler une appropriation de l'outil faite sur un mode que nous n'attendions pas, vers une utilisation chaque fois très différente, qui a amené les participants (pas seulement les néophytes) à des projets très éloignés les uns des autres, alors qu'ils sont tous dans un environnement similaire, chacun en pleine forêt. L'autre point commun, c'est la rapidité avec laquelle chacun a personnalisé et, presque, banalisé sa relation à l'Internet. Au point où deux des enfants du réseau ne comprennent pas, lorsqu'ils vont chez des amis également en pleine campagne, que leurs copains n'utilisent l''Internet quavec parcimonie. La première donnée qui est apparue, c'est le désir immédiat d'abolir les distances (kilométriques d'abord, sociales et didactiques ensuite), avec tout ce que cela comporte. La deuxième, c'est qu'une foi sque l'on a montré qu'on était présent, eh bien, paradoxalement, on n'a plus besoin de nous! Mais une chose est d'accompagner, une autre est de diriger, aussi n'avons-nous été présents qu'au tout début, notamment dans l'essuyage de platres. Ensuite nous avons mis l'intranet en ligne, sur lequel ils sont sensés apporter un retour (questionnaires récurrents, sondages, FAQ,etc); nous faisons actuellement une monographie pour récolter leurs confidences . ça, c'était pour l'accompagnement de l'utilisateur final: pour qu'une collectivité territoriale monte un réseau, il faudra aussi l'accompagner. C'est en effet un élément que les constructeurs de réseau négligent. Mais j'y reviendrai dans un prochain blablog

mardi 23 novembre 2004

Présentation du Village des télétravailleurs

En mai dernier, j'ai lancé le Village des télétravailleurs pour aider des indépendants et des PME à s'installer autour d'une petite commune de l'Orne.

Ce projet, qui regroupe deux communautés de communes (pays mêlois et pays d'Essay), a la vocation de fédérer des compétences complémentaires entre elles, dans un même lieu, pour favoriser l’entraide et " l’effet réseau ".

Parallèlement, nous avons ouvert un club des TIC dans l'Orne pour :

  • aider les entreprises ornaises à développer leur connaissance des technologies de l'information et de la communication
  • favoriser l'innovation et le développement de l'usage de l'Internet en milieu professionnel
  • valoriser les acteurs de ces technologies et leur donner de la visibilité
  • échanger les bonnes pratiques en matière de TIC

Ce projet est possible grâce à l'accès haut débit en (pré-standard) Wimax développé dans le cadre d'un projet du conseil général. Dès janvier 2005, l'Orne deviendra ainsi le premier département français totalement couvert grâce à cette technologie. L'opérateur Altitude télécom installera à cet effet 22 stations de base. Les quelques zones blanches pourront être desservies en Wi-Fi (collecte Wimax + desserte Wi-Fi).

Zevillage sera connecté dans quelques jours par la première station de base dont nous vous donnerons des nouvelles.

lundi 22 novembre 2004

démonstration

Comme nous sommes à toute petite échelle, nous ne faisons pas de théories sur l'usage, mais tentons de démontrer sur le terrain combien les conditions d'utilisation du Net définissent l'impact de ce média, et comment l'enjeu se détermine carrément en terme de survie économique et sociale.

Puisqu'on connecte une petite mairie qui a mis en place une salle multimedia pour ses administrés, et que cette mairie n'ouvre que deux matinées par semaines, le préfet, le sous-préfet et un conseiller général sont venus voir comment l'Etat pourrait aider à maintenir cet accès haut débit disponible plus longtemps, genre emploi-jeune ou assimilé. Nous en avons profité pôur leur montrer quel est l'impact d'une connexion permanente et assez rapide quand vous travaillez en plein bois (la plus ancienne cité humaine connectée au haut débit, c'est la Roque St-Christophe, 55000 ans, et c'est grâce à nous). Tout ce cortège est ensuite passé chez l'artisan menuisier charpentier que nous connectons et qui leur a expliqué comment, depuis que nous opérons, il peut envoyer des plans à ses clients (qui font retaper des résidences secondaires) et recevoir leurs réponses, comment il a accru sa visibilité. Nous nous trouvions hors de vue de toute habitation, et ce contraste était assez démonstratif.

Il se trouve que ces deux représentants de l'Etat sont des hommes qui ont pas mal de bagage personnel: leurs questions et leurs remarques l'ont montré. Ils ont paru intégrer pleinement l'importance qu'il y a à intervenir sur les zones dites blanches, et combien cela peut changer la donne. C'est peut-être à çà que servent des expérimentations comme la notre: servir d'exemple concret, être un détonateur? A part çà, si ça continue ainsi, ce blog va devenir un blog perso, ce qui serait saoulant!

mercredi 17 novembre 2004

grands et petits

LCHD (c'est nous) sommes des petits parmi les petits: petit projet, petit territoire, petit opérateur télécom, un vrai rase-motte.

Mais c'est ce qui permet un certain dynamisme, une capacité à remuer et à astiquer les gros, une agilité d'intervention et une vulnérabilité dynamique.

Ainsi, puisque l'on n'est qu'un des trois opérateurs à avoir répondu à la consultation de l'ART sur le L.1425-1; puisque l'on est la seule asso à avoir bénéficié de l'aide lors du premier appel à projet, puisque de plus l'on est une asso sans lien avec une collectivité territoriale, on est aussi les seuls à engranger en direct une expérience humaine autant sinon plus que technique qui nous met les pieds dans le lisier et les mains dans le cambouis tout en nous gardant les poumons dans l'air frais. Nous sommes libres, et donc les gens viennent à nous. Et ils nous en disent, des choses.

Tout d'abord, que la réinvention de la roue, à savoir le VoIP ou la télé par Internet n'est pas de première urgence quand on vit à la campagne.

Ensuite, que le haut débit, c'est du transport, du travail (après tout, on connecte un agriculteur qui avait renoncé à utiliser les formidables outils du site du ministère de l'agriculture because le RTC en rendait l'usage frustrant; le charpentier envoie et reçoit ses plans quand et comment il veut) , de la visibilité (le camping qui accueille des milliers d'Européens leur permet de rester en communication avec leurs entreprises ou leurs familles lorsqu'ils sont en vacances), de la présence (la mairie totalement isolée a des retombées sans commune mesure avec la taille de la population (147) qu'elle administre), et bientot peut-être, de la sécurité. Car le discours officiel des 6 millions d'abonnés au haut débit cache la réalité: 54 millions sans haut débit.

lundi 8 novembre 2004

Pas à pas

Notre expérimentation figurant dans le petit livret distribué aux “décideurs des collectivités territoriales” par la Délégation des usages de l’internet, un organisme du ministère de la recherche, le Ministre lui-même a fait une petite conférence de presse en compagnie de quelques porterus de projets sur le thème des enjeux et usages. Ce petit livret est ce qu’il est, mais présente l’avantage de montrer les plus et les moins des différentes approches pour une collectivité territoriale (CT). Je reviendrai un autre jour (si la porte reste ouverte) sur l’aspect des enjeux, un thème fondamental. Une des premières questions que me posent les nombreux élus qui m’envoient des mails ou m’appellent, c’est : l’agenda, le scénario, le pas à pas. En effet, mettons-nous à la place d’un élu ou délégué de CT préssé par ses administrés qui veulent le haut débit. Cette personne n’est en rien un sécialiste : ce qu’il lit ou entend à la radio va la plupart du temps ajouter à sa confusion sinon l’induire en erreur (genre portée du Wi-Fi : 100 mètres, ou CPL c’est si simple ou la fameuse Charte des Départements Inertes). Néammoins, il persiste et va entreprendre le premier pas. Celui-ci consiste à contacter une des sociétés d’experts en construction de réseau - de plus en plus nombreuses - spécialisées “collectivités sans espoir d’ADSL", et la CT va se retrouver avec le fameux Avant Projet Sommaire (APS) ou Etude Préalable, autrement dit avec un premier engagement financier qui ne lui garantit pas grand-chose, puisque certaines de ces sociétés ne veulent et ne peuvent rien faire d’autre que l’APS, d’autres vont proposer des solutions coûtant des sommes faramineuses, d’autres encore vont l’inonder sous un jargon technique abscons, etc. Comment démêler les rêts de ces nouveaux pièges si l’on n’a pas d’expérience ? Ce livret du ministère y répond-t’il ? Il faut pourtant s’engager, entreprendre. il faut aussi absolument pressurer son député pour qu’il fasse appel au fond de péréquation (100 millions d’euros, belle cagnotte).

mardi 2 novembre 2004

Echange et participation

Lors de ce séminaire au Sénat, Jacques Douffiagues, du Collège de l’ART nous a parlé de la vaste consultation publique mise en place par cette institution au sujet du L.1425-1, et dont les résultats seront bientot connus. Il a notamment dit sa déception de ce que seuls trois opérateurs (3 !) aient jugé bon de répondre à ce qui pourtant les intéresse au même titre que les collectivités territoriales. Même chose sur ce weblog auquel devraient participer ceux qui, pourtant, ont bénéficié de l’aide publique. Comme dit A. Mons : concernant l’usage, ce qui compte, c’est plus l’échange que le contenu. On ne peut que constater l’attitude générale de gavés de ceux à qui la parole est offerte. Agir est devenu un truc rarissime dans le coin, et c’est étonnant, car de l’action vient l’interaction, et de là, peut-être, un accroissement de nos connaissances. Encore faut-il avoir la volonté de savoir, comme disait Foucault.

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