Le haut débit, un service universel européen?
Par Laurent Condominas, lundi 18 juillet 2005 à 16:42 :: La chaumière haut-débit :: #103 :: rss
Constatant qu'à la fin de 2005 il y aura en Europe (+ les pays postulants) 617 millions de téléphones portables pour 339 millions de téléphones fixes, certaines éminences de la Commission Européenne en viennent à se demander s'il ne faudrait pas redéfinir certains aspects du fameux service universel.
Celui-ci stipulait qu'en 2010 tous les Européens, y compris ceux vivant au fin fond de nulle part devaient disposer d'une ligne fixe, tout comme ils devaient disposer d'électricité et d'eau potable, par exemple.
Devant la réalité de ces chiffres, ces éminences, se souvenant également d'une directive imposant que l'accès au haut débit touche 50% de la population européenne en 2010, se disent: puisque les lignes fixes ne sont plus d'actualité, pourquoi ne pas imposer l'accès au haut débit à 100% à la place?
Oui mais.
Changer les directives implique pour les opérateurs puissants qui, tel France-Télécom, ont la charge du service universel des lignes fixes de pouvoir (et devoir, vu les coûts considérables) reconsidérer tout le service de maintenance, et obligerait les autres opérateurs puissants à partager ces frais, ce dont personne ne veut.
C'était d'ailleurs certainement un moyen choisi par FT ou consorts pour s'assurer une grande indulgence de la part des pouvoirs publics, et beaucoup de moyens de pression.
D'après International Telecommunication Union (ITU)300 millions d'Européens vivent en zone rurale, 14% n'ont pas de couverture de téléphonie mobile, et d'après InternetWorldStats,53% n'utilisent pas l'Internet.
Parmi ceux-ci, près de 90% n'ont pas le haut débit!
Le 24 Mai 2005, le Directoire sur l'information et les médias de la Commission européenne, responsable de la politique des telecoms, recommandait de laisser les grandes lignes du service universel inchangées, alors que tout un chacun peut constater que les données en termes de besoins -et de réponses techniques à ces besoins- ont profondément changé en trois ans.
Tout ceci alors que les politiques, tout comme les industriels, les sociétés de service et les professions libérales voient l'Asie développer des infrastructures qui leur permettront rapidement non seulement de rattraper certaines positions stratégiques européennes mais de les dépasser, au point où les délocalisations dont nous nous plaignons actuellement nous sembleront bientôt très douces!
Il est très dommage que le Directoire ait fait cette recommandation, car vu les méandres de l'Administration Européenne, le sujet risque de ne pas revenir en discussion avant 2008.
Quoiqu'il en soit, s'il faut bien voir que les statistiques citées plus haut englobent les pays de l'Est, sous-développés en infrastructures télécom, il en va tout autrement pour les pays comme le notre.
Que la Commission commence à considérer un changement de priorité en faveur du haut débit finira t'il par ouvrir les yeux des innombrables élus qui, en France, n'ont pas encore saisi l'enjeu économique, politique, social et de développement que représente une connection rapide et permanente?
Je précise que cette note a bénéficié d'informations recueillies sur IHT
Celui-ci stipulait qu'en 2010 tous les Européens, y compris ceux vivant au fin fond de nulle part devaient disposer d'une ligne fixe, tout comme ils devaient disposer d'électricité et d'eau potable, par exemple.
Devant la réalité de ces chiffres, ces éminences, se souvenant également d'une directive imposant que l'accès au haut débit touche 50% de la population européenne en 2010, se disent: puisque les lignes fixes ne sont plus d'actualité, pourquoi ne pas imposer l'accès au haut débit à 100% à la place?
Oui mais.
Changer les directives implique pour les opérateurs puissants qui, tel France-Télécom, ont la charge du service universel des lignes fixes de pouvoir (et devoir, vu les coûts considérables) reconsidérer tout le service de maintenance, et obligerait les autres opérateurs puissants à partager ces frais, ce dont personne ne veut.
C'était d'ailleurs certainement un moyen choisi par FT ou consorts pour s'assurer une grande indulgence de la part des pouvoirs publics, et beaucoup de moyens de pression.
D'après International Telecommunication Union (ITU)300 millions d'Européens vivent en zone rurale, 14% n'ont pas de couverture de téléphonie mobile, et d'après InternetWorldStats,53% n'utilisent pas l'Internet.
Parmi ceux-ci, près de 90% n'ont pas le haut débit!
Le 24 Mai 2005, le Directoire sur l'information et les médias de la Commission européenne, responsable de la politique des telecoms, recommandait de laisser les grandes lignes du service universel inchangées, alors que tout un chacun peut constater que les données en termes de besoins -et de réponses techniques à ces besoins- ont profondément changé en trois ans.
Tout ceci alors que les politiques, tout comme les industriels, les sociétés de service et les professions libérales voient l'Asie développer des infrastructures qui leur permettront rapidement non seulement de rattraper certaines positions stratégiques européennes mais de les dépasser, au point où les délocalisations dont nous nous plaignons actuellement nous sembleront bientôt très douces!
Il est très dommage que le Directoire ait fait cette recommandation, car vu les méandres de l'Administration Européenne, le sujet risque de ne pas revenir en discussion avant 2008.
Quoiqu'il en soit, s'il faut bien voir que les statistiques citées plus haut englobent les pays de l'Est, sous-développés en infrastructures télécom, il en va tout autrement pour les pays comme le notre.
Que la Commission commence à considérer un changement de priorité en faveur du haut débit finira t'il par ouvrir les yeux des innombrables élus qui, en France, n'ont pas encore saisi l'enjeu économique, politique, social et de développement que représente une connection rapide et permanente?
Je précise que cette note a bénéficié d'informations recueillies sur IHT

Commentaires
1. Le samedi 23 juillet 2005 à 14:07, par Alexis MONS :: email :: site
2. Le samedi 23 juillet 2005 à 14:17, par Laurent Condominas :: email
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