lundi 8 mai 2006
A l'initiative de plusieurs partenaires, le premier prix du blog citoyen
se crée, qui permettra de mettre en lumière une pratique de plus en plus répandue dans les petites communautés: le blog collaboratif, beaucoup plus riche, réactif et dynamique qu'un forum ou un Intranet.
Nous vous invitons à y aller voir, car la diversité des candidatures, l'astucieuse catégorisation des différentes formes de blogs citoyens et la réactivité que cette annonce a engendré préfigurent peut-être une nouvelle façon de vivre la politique citoyenne, participative et donc démocratique.
Certains, à regarder comme des prototypes, risquent même de devenir des standards. Le blog d
'Asnières-sur-Vègre par exemple, petite commune de 400 habitants, est un petit phénomène en soi, le rêve pour un étudiant en ethnologie.
Et, ce qui ne gâte rien (mais n'y voyez aucun préjugé ;-), c'est la qualité des membres du jury, dont un certain Modesto Alexandre, décidément sur tous les fronts.
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jeudi 16 mars 2006
La ville de Bruxelles a décidé de couvrir tout son territoire au moyen du Wimax afin de remplir son programme qui était de permettre l'accès au haut débit à tous, résidents ou visiteurs.
La superficie de la ville a mis les responsables devant cette réalité technique (dès lors qu'elle avait choisi le mode hertzien): le Wifi imposait la pose de centaines, voire de milliers d'antennes alors que le Wimax n'en nécessitera que quelques dizaines.
Le Maroc, lui, semble se préparer à devenir une vitrine inattendue du haut débit en pays émergeants, puisque des récentes rumeurs indiquent que la couverture quasi totale du pays se ferait également en wimax relayé par wifi, trois opérateurs puissants se positionnant dans cette perspective.
Si cette nouvelle se concrétisait, le Maroc pourrait devenir un partenaire de services de premier choix pour la communauté Francophone (sans parler du monde Arabo-Musulman). Il convient bien sûr de ne pas oublier que la Tunisie couve elle aussi un projet similaire d'extension du haut débit, mais dont les ambitions seraient restreintes aux villes.
On voit donc deux décisions techniques de progrès se mettre en place, au moment où la France se pose la question de la FTTH
Mais parallèlement à ces annonces purement technologiques, la France semble partie pour restreindre ses capacités d'innovation par la faute des deux premiers points de l'amendement 150 de la DADVSI.
On peut en effet se demander à quoi bon la FTTH si cette loi est vraiment appliquée.
Pourquoi?
Parce que l'Internet deviendrait alors, hors des cadres purement commerciaux, un médium unilatéral puisque le P2P n'étant rien d'autre que la possibilité technique pour (au moins) deux utilisateurs finaux d'échanger des données (voix, textes, images, etc), nombre d'activités allant de la contribution open source entre entreprises high tech à (si l'on va jusqu'à l'absurde) des usages aussi communs que la messagerie instantanée, la VoIP (Skype par exemple) la visioconférence, les jeux en réseau les plus populaires.
Il était peut-être nécessaire de légiférer sur ces questions.
Il est cependant regrettable que n'aient pas été pris en compte la part la plus progressiste (économiquement, culturellement et techniquement) de l'usage, mais qu'au contraire on ait préféré préserver les intérêts d'une industrie (qui emploie d'ailleurs très peu de monde) dépassée techniquement.
Cela rappelle un peu les annonces pour le moment oubliées qui parlaient de taxer les entreprises à forte valeur ajoutée au profit des entreprises à forte main d'oeuvre.
Ce billet, écrit à 15:09 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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vendredi 27 janvier 2006
Après l'annonce par Didier Lombard,PDG de France-Telecom, d'abandonner le cuivre pour se lancer dans la fibre optique déployée jusqu'au domicile,une série de mises à jour et de reconceptions des projets de réseaux locaux pour ceux qui sont toujours en RTC ou en moyen débit ne va pas manquer de se créer.
1/Le FTTH est en effet la solution la plus intéressante en termes de débit (allant jusqu'au Gigabit/seconde).
2/Son prix n'a cessé de diminuer jusqu'à atteindre quasiment celui du cuivre et dépendre dorénavant des coûts de génie civil (un petit salut à Modesto qui n'a cessé de prôner une telle solution)
On se dit donc: pour quoi chercher ailleurs?
Et du coup, l'annonce de l'opérateur historique disant que la fibre irait même irriguer les zones grises et blanches change la donne.
Par exemple, à quoi bon le Wimax?
Comme par hasard,cette annonce intervient juste au moment où les licences d'attribution (voir le billet précédent de Nicolas Chung) du Wimax se rapprochent: comme les probabilités d'une plus grande ouverture à des opérateurs concurrents prévaudront, on peut imaginer que les vieux réflexes monopolistes de cette Société supportent difficilement cette brêche dans ses parts de marché.
On se souvient bien sûr des vieilles pratiques de cette maison (la charte des Départements innovants, une initiative et une appellation pleines d'humour) pour éteindre les initiatives locales.
On n'oublie pas non plus ses manoeuvres dilatoires concernant le dégroupage.
N'empêche: ceux qui ont goûté à la Fibre pleurent devant l'ADSL++ et consorts.
Aussi,si les Régions disent: on peut adjoindre le Wimax à la Fibre afin de déployer un réseau haute vitesse même dans les lieux isolés, il sera moins aisé d'y croire, sachant qu'une fois la fibre installée dans chaque agglo (même petite) le coùt du Wimax au derniers habitants ne vaudra pas forcément l'investissement du déploiement hertzien.
Alors: annonce dilatoire ou réelle promesse de faire entrer la France, actuellement en tête du haut débit en Europe, au sein du club très privé des pays dotés du Très, très haut débit?
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jeudi 8 décembre 2005
L'Assemblée Nationale a voté à vitesse grand V un projet de Loi Contre le Terrorisme (LCT) qui n'est pas sans conséquences pour le déploiement du haut débit en général, et la survie des projets et opérateurs alternatifs en particuliers.
L'article 6 de ce projet de loi considère et traite des petits projets autonomes et expérimentaux comme La Chaumière Haut Débit (LCHD), La Vallée de Haute Aspe et quelques dizaines d'autres fonctionnant, du fait de leur isolement, grâce à un système de relais hertziens, comme des opérateurs de type puissants.
Quelles contraintes effectives cette loi va-t'elle imposer?
Rien moins que garder pendant trois ans toutes les données de connexions des membres de leur réseau, à savoir les adresses IP, dates et durées des communications, les e-mails, les sites visités, et être en mesure de les donner immédiatement, sans mandat ni contrôle judiciaire, aux "forces de l'ordre".
Pour ceux qui, bénévoles comme nous, paumés dans la campagne, font tourner des projets dits "expérimentaux" qui sont devenus des services indispensables à leurs administrés, celà impose un travail de sauvegarde, de flicage, de confiance mutuelle et des mesures de protection simplement irréalisables.
La réalité sur le terrain
Prenons l'exemple de LCHD, qui connecte depuis deux ans une vingtaine d'abonnés dont certains à leur tour (comme un camping hyper-moderne) redistribuent la connexion à des centaines de gens dans l'année. Nos 3 POP sont installés dans des maisons isolées (puisque c'est le principe de cette expérience) et les serveurs de chaque POP sont disposés de façon à ce que l'on puisse intervenir sans déranger les habitants.
L'association a déjà toutes les peines du monde à maintenir un équilibre budgétaire et son avenir réside dans la création très prochaine -et déjà votée- d'un réseau plus vaste qui l'absorbera, contrôlé par une Communauté de Communes.(A ce propos,Je ne suis pas certain que la présidente de la CdC en question connaisse les contraintes de cette nouvelle loi. Sinon, elle risquerait bien de renoncer à son projet).
Bref, nous n'avons ni le temps ni les moyens (ni l'envie) de relever et mettre à la disposition immédiate de la gendarmerie toutes ces données, d'autant que j'ai du mal à imaginer que l'agriculteur, le charpentier, la prof, la mairie, la famille modeste, etc que nous connectons préparent un renversement de la démocratie, ou un attentat-suicide sur la préfecture
La solution? Fermer le réseau
Devant l'impossibilité matérielle (pas de finances) l'impossibilité conjoncturelle (les gens travaillent, les distances entre les connectés sont grandes), le manque de connaissances techniques (aucun d'entre nous n'est expert en la matière) et le fait qu'il nous est impossible de garantir que des touristes, (nous sommes dans une région très touristique, qui voit passer plusieurs centaines de milliers de gens chaque année sur une superficie de quelques centaines d'habitants constants) des amis de passage, de simples conducteurs disposant d'un PC ou Mac portable ne se connectent à notre réseau à notre insu.
LCHD n'est qu'un exemple, mais dès lors qu'une personne partage sa connection avec un voisin (et l'on sait que c'est une pratique courante en ville) le problème se posera.
Il semble que cet article de la LCT aura pour conséquence première de détruire le peu d'initiatives qui permettaient de se substituer à l'absence de grands opérateurs et fournissent un service d'autant plus nécessaire que ceux qui en profitent savent qu'aucune solution ne leur viendra d'un grand opérateur.
Si quelqu'un a une idée, qu'il la fasse connaître
Si quelqu'un peut faire pression sur des législateurs, qu'il le fasse
Sinon, des centaines de gens en France, qui se sont remués pour pallier à l'inégalité que représente l'absence d'infrastructures de haut débit vont se retrouver soit muselés, soit coupables d'infraction à une loi trop sécuritaire, et pas très efficace: je n'imagine pas une seconde qu'un réseau terroriste envoie par email persos ou sur un site dûment hébergé le super-plan pour détruire le pays.
Ce billet, écrit à 11:47 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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vendredi 28 octobre 2005
La Slovaquie, qui accepte d'expérimenter une technologie encore rare pour sortir le pays de l'état de délabrement des réseaux dans lequel il se trouve, risque de surprendre.
En contractant Siemens et T-Mobile associés sur le projet de couverture de Bratislava et des principales villes de Slovaquie avec la technologie sans fil Flash-OFDM de Flarion Technologies, (récemment racheté par Qualcomm) qui autorise des débits descendants de 1,5Mbps, 500ko en montant, et celà même en se déplaçant à 250 km/h, ce petit pays du centre de l'Europe tente de pallier à son retard.
Le Flash-OFDM (pour Fast Low-latency Access with Seamless Handoff Orthogonal Frequency Division Multiplexing) est en effet susceptible de répondre aux principales contraintes d'un environnement démographique et social relativement déséquilibré, dans lequel le maillage filaire est non seulement partiel, mais vétuste.
Un des aspects les plus intéressants du Flash-ODFM, pour un pays où quasiment tout est à faire est la stabilité du flux de débit même en déplacement à haute vitesse.
Cette aptitude risque en effet de constituer un atout indispensable à l'avenir: ceux qui ont un 3G savent combien il est agaçant et contre-productif de rappeler sans cesse le même correspondant.
A l'heure où des essais de fibre très haut débit sont annoncés en France dans les villes, après que (lire l'article de Thierry Marcou sur les 175 demandes de license Wimax) plusieurs Conseils Généraux et Régionaux aient envoyés des signaux indiquant qu'ils prenaient enfin la mesure du problème pour leurs communautés dispersées de disposer d'une connexion permanente et rapide, l'expérience de Flarion ne pourrait-elle pas être tentée en France?
Pour ma part, je me verrais bien, lancé à fond en pleine campagne sur mon Solex, les yeux posés de temps à autres sur l'écran de mon PDA sur lequel défileraient les animations, photos et pièces jointes de mes mails.
Ce billet, écrit à 22:29 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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lundi 18 juillet 2005
Constatant qu'à la fin de 2005 il y aura en Europe (+ les pays postulants) 617 millions de téléphones portables pour 339 millions de téléphones fixes, certaines éminences de la Commission Européenne en viennent à se demander s'il ne faudrait pas redéfinir certains aspects du fameux service universel.
Celui-ci stipulait qu'en 2010 tous les Européens, y compris ceux vivant au fin fond de nulle part devaient disposer d'une ligne fixe, tout comme ils devaient disposer d'électricité et d'eau potable, par exemple.
Devant la réalité de ces chiffres, ces éminences, se souvenant également d'une directive imposant que l'accès au haut débit touche 50% de la population européenne en 2010, se disent: puisque les lignes fixes ne sont plus d'actualité, pourquoi ne pas imposer l'accès au haut débit à 100% à la place?
Oui mais.
Changer les directives implique pour les opérateurs puissants qui, tel France-Télécom, ont la charge du service universel des lignes fixes de pouvoir (et devoir, vu les coûts considérables) reconsidérer tout le service de maintenance, et obligerait les autres opérateurs puissants à partager ces frais, ce dont personne ne veut.
C'était d'ailleurs certainement un moyen choisi par FT ou consorts pour s'assurer une grande indulgence de la part des pouvoirs publics, et beaucoup de moyens de pression.
D'après International Telecommunication Union (ITU)300 millions d'Européens vivent en zone rurale, 14% n'ont pas de couverture de téléphonie mobile, et d'après InternetWorldStats,53% n'utilisent pas l'Internet.
Parmi ceux-ci, près de 90% n'ont pas le haut débit!
Le 24 Mai 2005, le Directoire sur l'information et les médias de la Commission européenne, responsable de la politique des telecoms, recommandait de laisser les grandes lignes du service universel inchangées, alors que tout un chacun peut constater que les données en termes de besoins -et de réponses techniques à ces besoins- ont profondément changé en trois ans.
Tout ceci alors que les politiques, tout comme les industriels, les sociétés de service et les professions libérales voient l'Asie développer des infrastructures qui leur permettront rapidement non seulement de rattraper certaines positions stratégiques européennes mais de les dépasser, au point où les délocalisations dont nous nous plaignons actuellement nous sembleront bientôt très douces!
Il est très dommage que le Directoire ait fait cette recommandation, car vu les méandres de l'Administration Européenne, le sujet risque de ne pas revenir en discussion avant 2008.
Quoiqu'il en soit, s'il faut bien voir que les statistiques citées plus haut englobent les pays de l'Est, sous-développés en infrastructures télécom, il en va tout autrement pour les pays comme le notre.
Que la Commission commence à considérer un changement de priorité en faveur du haut débit finira t'il par ouvrir les yeux des innombrables élus qui, en France, n'ont pas encore saisi l'enjeu économique, politique, social et de développement que représente une connection rapide et permanente?
Je précise que cette note a bénéficié d'informations recueillies sur IHT
Ce billet, écrit à 16:42 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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dimanche 12 juin 2005
Après les résultats du referendum, il importe de relancer la dynamique.
Nous devons donc nous poser cette question: existe t'il et existera t'il en France mais aussi, au niveau Européen, une politique visant à favoriser la création et la survie d'entités consacrées à l'innovation?
Existe t'il un système permettant de faire se communiquer entre eux les projets expérimentaux sans crainte de se faire voler ou noyer leurs travaux par des groupes plus puissants mais aussi plus attachés à leurs parts de marché qu'à l'innovation?
Pourra t'on enfin faire admettre aussi bien à nos dirigeants qu'au grand public qu'une bonne part de nos solutions tant économiques que sociales peuvent se trouver dans une politique bien comprise d'aide aux innovateurs?
A cet égard, je recommande un billet bien pesé écrit sur l'excellent site des Automates intelligents:
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2005/06/oui_leurope_des.html
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lundi 2 mai 2005
Je reviens d'un séjour en Egypte où je devais notamment, entre deux pyramides, expliquer au Conseil municipal d'un village (100 000 habitants!) de la banlieue Sud du Caire les intérêts respectifs des différents systèmes de haut débit dont nous avons tant débattus ici.
Dans un pays dont la population s'accroit d'un million de personnes tous les neuf mois, dont 10% seulement du territoire est habité, où la notion même d'urbanisme est balayée sans cesse par le foisonnement démographique, c'est déjà une prouesse que l'électricité parvienne dans à peu près tous les foyers.
Une prouesse que les services locaux paraissent maîtriser sans trop de peine.
La téléphonie fixe est en perte de vitesse totale, les portables étant largement majoritaires.
Les Egyptiens sont également très friands d'Internet, comme partout dans cette région du monde.
Parcourant des milliers de kilomètres entre les oasis, j'ai pu constater la continuité des faisceaux hertziens, jalousement protégés par les services de sécurité, constamment entretenus, attestant ainsi de la possibilité d'établir des réseaux hertziens viables.
S'il est peu probable de voir l'Etat se lancer dans la construction d'un réseau haut débit au niveau national,( et tant mieux car alors différentes affinités donneraient le marché exclusivement à des sociétés Américaines) on peut envisager un maillage progressif à partir d'entités demandeuses comme cette municipalité, extensible par capillarité naturelle à toute la banlieue du Caire (18 Millions d'habitants).
De même , certaines oasis comprennent des populations numériquement extraordinaires (2 millions à Assouan par exemple, près d'un million dans les oasis bédouines)
Ces populations sont livrées à elles-mêmes par une administration un peu dépassée, et décident elles-mêmes de leurs choix d'infrastructures. Les bonnes volontés ne manquent pas, les esprits non plus
Le hasard et la culture font que l'Egypte est férue de culture française, que certains là-bàs ont apparemment prêté attention à nos différents projets.
Serons-nous aussi ouverts, et assez entreprenants pour faire des incursions certainement riches en expérimentation?
Je sais que ce billet pourra sembler totalement hors sujet à certains, mais je préfère lancer la mouche: car d'autres sauront que ce que nous avons expérimenté en France n'a jamais été fait dans l'optique rétrécie de nos clochers.
L'argent me direz-vous?
Les financements devront en grande partie venir des organismes internationaux (l'Europe, le PNUD, la Banque Mondiale, les grandes fondations) et, pourquoi pas, certaines importantes sociétés françaises, qui ont un intérêt bien compris au développement de leur clientèle, surtout lorsque celle-ci croît aussi vite, et reçoit un niveau d'éducation relativement bon, étant donné les circonstances.
Mais rêvè-je éveillé?
Ce billet, écrit à 22:49 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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samedi 19 mars 2005
Le CR du Limousin fait son taf
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Ce billet, écrit à 23:30 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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mercredi 16 mars 2005
Les technologies associées à la blogosphère (blog moteur, syndication, agrégateurs, etc) prennent un tel essor et permettent une telle réactivité que le sens même du terme "interactivité" s'en est trouvé modifié.
On peut en effet y ajouter celui de la quasi-instantanéité.
Du coup, avouons-le, les sites Internet "classiques" font de plus en plus figure de Mammouth, au sens de la pertinence historique.
Au moment où BNP Paribas Lease publie son enquête sur les PME et leur implication dans l'Internet, révélant que plus de la moitié sont présentes sur le Net, mais que moins du quart l'utilisent de façon dynamique, les connaisseurs du phénomène blog doivent hocher la tête d'incrédulité un peu attristée.
Le blog, avec son système de suivi (par syndication/RSS principalement) permettrait en effet à de nombreuses PME ou TPME, professions libérales, etc d'augmenter considérablement non seulement visibilité et réactivité, mais offre une palette de services de proximité -virtuelle- extraordinairement appréciables pour leurs clients.
Imaginons une société familiale: le couple vend un produit nouveau, qu'il importe ou a fabriqué et continue de développer. Le suivi est important pour le client, (pour s'attacher la clientèle donc) parce que le produit est souvent remis à jour, décliné, voire un peu difficile à employer au début. Ou tout simplement parce que leur catalogue est en constante modification et qu'il importe que les clints et fournisseurs en soient avertis
Tout ça peut être fait n'importe où, il suffit d'avoir un blog consacré à l'activité pro.
Notre (jeune) couple trouve une maison en province qui lui permettrait de bénéficier d'une qualité de vie de plus en plus difficile à trouver en ville, surtout avec de jeunes enfants.
Le rapport économique est également très attirant.
aide à l'installation d'entreprises, déduction des taxes pros les premières années, la municipalité est ravie (notamment parce que la venue d'enfants est un élément très important pour maintenir l'école, source de cohésion sociale; parce que la présence d'une entreprise devrait générer plus de courrier postal, donc aider à maintenir un bureau de poste, etc.
Mais, bien sûr, hélas, trois fois hélas: pas de connexion permanente.
Je sais pour en avoir fait la démonstration auprès de responsables en zones blanches, que l'utilisation du blog par RTC ou même Itinéris a de quoi frustrer ceux qui gèrent les blogs en haut débit.
Je sais aussi que beaucoup d'élus, déjà peu sûrs de percevoir l'intérêt de l'Internet en matière d'aménagement du territoire, risquent d'être sourds à l'attractivité que représente la techno du blog.
Et donc, le couple revient vers la ville.
Et le Conseil Général vote les crédits pour bâtir un nouveau carrefour giratoire.
Pendant ce temps-là, en Corée du Sud...
Ce billet, écrit à 14:36 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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vendredi 18 février 2005
Communication d'un accord liant le Canada et l'Inde sur une nouvelle technologie sansfil, dont tout porte à croire qu'elle serait une solution de desserte de plus pour amener le haut débit, à partir d'un point de collecte en fibre optique.
Cette technologie a de belles perspectives devant elle, dans la mesure où ses parents et parrains ont un besoin grandissant et impératif de couverture à travers d'immenses espaces, et ont déjà acquis une expertise et des compétences en la matière, qui font référence.
Et pendant ce temps-là, l'Europe? (sans parler de la France).
Tout celà est lisible sur le site francophone des ingénieurs de l'IEEE
http://www.eetimes.fr/at/news/showArticle.jhtml?articleID=59301895
Ce billet, écrit à 15:52 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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lundi 14 février 2005
Le blog de
l'ART publie, daté du 8 Février un article intéressant sur le dégroupage au niveau de la sous-boucle locale (du sous-répartiteur, en fait) .
On peut y déceler différentes énergies et problématiques sous-jascentes: la recherche constante de l'ART de proposer aux opérateurs alternatifs des moyens d'accès à l'utilisateur final même isolé; la mise en avant des contraintes souvent légitimes de l'opérateur installé pour protéger l'intégrité de ses réseaux existants.
En annexe sur le blog (notamment les boutons liens de référence et points de repères), la mise à disposition du public des dernières enquêtes de l'Autorité dans les domaines intéressant les zones grises et blanches.
Encore une fois cependant, on constate que plus il y a de solutions pour les zones grises et plus, paradoxalement, la situation des zones blanches risque de devenir critique du fait de leur isolement et du surcoût créé par leur diminution de masse, à moins de trouver rapidement une alternative soit financière soit technique pour répondre aux besoins de plusieurs millions de personnes, et aux milliers d'entreprises concernées
Ce billet, écrit à 11:58 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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mercredi 2 février 2005
Au moment où nous apprenons que l'ART va devenir l'Acerp et que son collège va passer de 5 à 7 personnes, il serait temps que les acteurs de technos alternatives qui veulent densifier, participer ou simplement se connecter aux multiples réseaux de communication existants en France se fassent entendre.
Ce passage est dû au fait que l'ART voit son domaine de compétence s'étendre à la poste et assimilés.
C'est un changement qui peut avoir d'énormes répercussions, plus profondes qu'un simple geste cosmétique.
(On peut y voir au choix une reconnaissance sincère de l'utilité de l'ART, un geste de consolation pour apaiser le courroux interne à cette structure devant les batons qui lui sont mis dans les roues.. par un membre très très éminent du gouvernement, sensible aux pressions amicales du responsable d'un opérateur hégémonique :) ou encore une tentative de l'affaiblir en lui adjoignant le complexe dossier des postes)
Il est certain que l'autonomie, l'indépendance de l'ART doivent être renforcées.
C'est également le moment où différentes lettres de veille techno (genre l'Ecoter) annoncent que différents projets (Gers, etc) alternatifs se résignent à attendre FT.
Ce message-là a un petit aspect défaitiste qui ne saurait nous convenir.
La convergence temporelle entre ces deux nouvelles ne doit pas passer inaperçue: beaucoup d'énergie, de fonds, d'espoirs, de compétences sont déjà engagées-et parfois frustrées- par la lenteur qu'imposent les démarches du marché public, ou même de la délégation, et par l'effroi que les politiques ressentent devant l'embrouillamini actuel.
L'innovation technologique vient souvent de la lutte entre ceux qui veulent briser les monopoles, et ceux qui veulent les maintenir.
C'est pourquoi il importe que les novateurs-que ce soit par la technique, par l'application et l'utilisation innovantes de technologies, par l'observation d'usages inédits, ou simplement ceux dont les projets trouvent difficilement leur place se fassent connaître.
Ce billet, écrit à 20:08 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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mercredi 26 janvier 2005
Je voudrais juste attirer l'attention sur quelques projets d'usage des technologies (alternatives ou non) particulièrement orientés vers le social.
Ainsi, l'un d'eux:
http://perros.typepad.com/observatoire_de_la_edemoc/2004/11/la_carte_de_vie.html
Ce billet, écrit à 13:31 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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samedi 22 janvier 2005
Hier soir a eu lieu une réunion des abonnés du réseau dans une salle de la petite mairie de Peyzac.
C'était l'occasion d'échanger sur la situation actuelle de l'association qui sert de structure légale à l'opérateur d'opérateurs que nous sommes et de tenter d'intégrer à l'Asso nos abonnés, pour les faire passer de clients passifs à acteurs responsables de ce qui est notre avenir commun.
Jusqu'ici, nous n'avons été que deux à concevoir, promouvoir et gérer cette expérience de réseau alternatif, en relation avec nos partenaires du Ministère de la Recherche, de la Région Aquitaine et de l'Europe, auxquels s'ajouta une aide initiale du département.
Le ratio abonnements des connectés/achat trafic et frais divers est positif, mais la maintenance des installations et l'exploitation proprement dite du réseau est notre seul souci budgétaire sachant qu'aucun de nous n'a réellement ni les compétences techniques ni la disponibilité de temps pour se substituer à notre actuel exploitant, la société qui avait été chargée de la maitrise d'oeuvre.
En soi, c'est plutôt positif vu la taille microscopique de notre réseau.
L'une de nos stratégies était l'extension du réseau par intégration à un réseau alternatif de niveau local et administratif supérieur.
Hélas, le Conseil Général de ce département très rural, bluffé comme tant d'autres par les annonces de FT sur le"déploiement ADSL à 98% du territoire d'ici 2007".
(air connu: rire amer)
n'arrive pas à percevoir le déploiement du haut débit comme une urgence de l'Aménagement du Territoire et attend que FT installe des DSLAM dans les villes rentables, pour ensuite avoir au coup par coup à financer des solutions alternatives, sans voir que du coup celles-ci n'atteindront jamais un seuil de rentabilité.
Vu la topographie et démographie de ce Département, on peut penser qu'il s'agît là d'une attitude peu réaliste du point de vue de l'économie d'un territoire, (à comparer avec les dizaines de carrefours giratoires qui poussent comme des nids de taupes et valent chacun le prix d'un réseau sur une Communauté de Communes).
Cette attitude du Département est hélas assez généralisée.
Sauf que nous existons déjà ici et que notre notoriété locale agît comme un virus lent sur les responsables municipaux..:-), ce qui a amené des Com de Com à engager le processus permis par le l.1425-1.
Pour le moment le CG, pour des raisons qui alternent entre mesquines rivalités politiques, passivité et frilosité-on l'a dit- devant les effets d'annonces de l'opérateur"historique";-D, et choix budgétaires a priori respectables, décourage ces Com de Com..
Une attitude agressive de communication (ou de communication agressive) peut infléchir des politiques, d'autant que les demandes de connexion auprès de nous (demandes internationales, d'ailleurs!)ne cessent de nous parvenir, démontrant la nécessité du déploiement.
On se retrouve avec cette problématique déjà évoquée sur ce blog: l'accompagnement des élus pour les amener à la prise de conscience et les rassurer sur les options à leur disposition. Heureusement, il y a élus et élus...
Ce billet, écrit à 20:56 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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mardi 11 janvier 2005
L'annonce par l'ART de la décision de mettre au enchères les licences Wimax a fait hurler.
Dans un commentaire récent, je prédisais que le coût de ces enchères nous mettrait dans la même situation qu'avec l'UMTS (trop cher, donc trop peu d'opérateurs potentiels, donc trop importante nécessité d'assurer des marges, bref le Wimax devenait caduc pour les petits projets avant même d'avoir été homologué).
Or, calmons-nous :-)
Tout d'abord, le Wifi tel qu'on le connaît n'a pas encore dévoilé tous ses charmes, non seulement dans le domaine des infrastructures mais aussi et surtout dans le domaine applicatif.
Ses avantages sont multiples: il n'est pas cher, il est fiable, très performant (11 et 54 Mbit/s, tout de même), sa plage d'utilisation est très ouverte (no problemo sur le 2,4) et enfin les 100mw semblent tellement moins nocifs que le téléphone portable ou votre bon vieux four à micro-ondes, qu'il ne faut pas lâcher cette norme (et je dois dire que des membres éminents de l'ART en sont pleinement conscients).
Par ailleurs, je viens d'entendre parler d'une technologie qui pourrait bien dispenser les collectivités d'avoir à faire appel au Wimax: Il s'agît des antennes adaptatives.
Un paquet de micro-antennes wifi aux angles très ouverts assemblées sur une sorte de parabole de moins d'un mètre; un réseau construit un peu comme un "meshing", et on se retrouverait avec des portées de signal atteignant sans peine les 10 kms.
Si quelqu'un a des infos sur cette application prometteuse pour "booster" les infrastructures d'un réseau Wifi, qu'il ou elle s'exprime.
De même, toute autre approche originale basée sur les normes 802.11 b ou g est bienvenue: les collectivités territoriales des zones blanches vous en sauront gré!
Ce billet, écrit à 16:27 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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vendredi 7 janvier 2005
Je reviens d'une petite visite sur le blog de l'ART où deux phrases venant d'une de leurs équipes m'ont particulièrement troublé, et ne manqueraient pas d'atteindre le moral de ceux qui cherchent à développer des solutions.
Cependant, le déploiement des opérateurs alternatifs se ralentit et semble avoir quasiment atteint ses limites
Ne pourrait-on plutôt supposer que l'on n'a pas encore assisté à la montée massive des demandes locales de déploiement dans les zones grises et blanches?
Une montée qui s'annonce pourtant déjà.
"Sans intervention publique, les zones grises, dans lesquelles le seul réseau existant est celui de France Télécom, devraient donc concerner près de 40 % de la population en 2006. Dans ces zones , l’innovation sera probablement moins importante et les prix plus élevés que dans les zones concurrentielles."
Là, l'ART a raison de mentionner la nécessité de l'intervention publique.
Cet organisme original et déterminant a une lourde responsabilité, mais aussi une égale volonté de faire avancer les choses.
Pourtant,-et certains commentaires liés à cet article du blog de l'ART le montrent- ne devrait-on pas demander aux personnes chargées de la communication à l'ART d'adopter plus de prudence et le plus grand soin dans la terminologie de leurs annonces?
Ainsi, pour les élus de petites entités territoriales, pour les aspirants porteurs de projet, dire par exemple que là où vivent 40% des Français " l’innovation sera probablement moins importante et les prix plus élevés que dans les zones concurrentielles" pourrait avoir plus d'impact que l'ART ne le pense.
Une telle proclamation pourrait en effet les décourager dans la prise de décision attendue pour répondre à la demande sociale qui leur est faite, nier le fait que nécessité fait loi et que l'innovation, le désir de recherches alternatives naissent précisément là où les pouvoirs établis semblent baisser les bras. Une telle situation d'inégalité entre les zones couvertes et les zones grises et blanches (au passage on notera que l'ART passe des 98% de couverture haut débit promis par FT à 60%) doit être combattue.
Cette situation poussera les entrepreneurs et les décideurs à rechercher des solutions alternatives.
Or, ils n'auront pas forcément à les inventer: ces solutions existent déjà, comme l'ont expliqué plusieurs contributeurs de ce blog ou de celui de l'ART.
Il ne manque que la volonté décisionnaire de l'ART de pousser, avec le Ministère de la Recherche (où la volonté existe réellement), la DATAR et bien d'autres représentations de l'Etat, à ce que les lois qui les brident sautent enfin sans attendre que les opérateurs puissants, pour ne pas dire FT,se soient assurés toute la part du gâteau qu'ils peuvent saisir en évitant d'avoir à engager trop d'investissements de recherche et développement dans ce domaine.
Il faudra aussi revenir sur la décision inadéquate et anit-innovante de l'attribution des licences Wimax Et celà pile au moment où le Président de la République évoque les "grands projets innovants"....
Ce billet, écrit à 16:23 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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lundi 3 janvier 2005
Un récent article paru dans une lettre officielle semblait résumer une toute récente attitude de l'ART, qui devrait faire froid dans le dos à un grand nombre de petits porteurs de projets, ou de simples demandeurs de haut débit résidant loin là-bas où il n'y a pas de fibre:
"En ce qui concerne les zones blanches, l’ART confirme la crédibilité des annonces de France Télécom sur la couverture de 98 % de la population fin 2007 et souligne les risques d’une intervention publique sur le marché de détail (offre d’accès haut débit aux particuliers susceptible de faire double emploi avec l’opérateur historique, de monopole local et de rentabilité impossible… ) plutôt que l’opportunité de satisfaire les attentes des 10 000 petites communes et zones hébergeant de façon permanente les 2% restant de la population française".
Je ne puis qu'émettre des réserves sur certains éléments:
"..l’ART confirme la crédibilité des annonces de France Télécom sur la couverture de 98 % de la population fin 2007...": ce chiffre ne repose pas sur la réalité vécue à la campagne, où l'on ne confond pas population et surface du territoire.
Ces chiffres de FT, qui varient selon les périodes, de 90 à 94, 96, maintenant 98% sont plus des effets d'annonces balancés pour tuer les initiatives et la concurrence qu'autre chose:70% est le chiffre le plus souvent retenu lorsque l'on se penche sur la réalité vécue, celle qui colle au terrain.
Exemple: le fait qu'une ville moyenne dispose de l'ADSL ne signifie pas du tout que toute la commune soit desservie, ni même que là où l'ADSL passe, il procure le même service à chacun, en termes de débit, pour un prix égal.
"...souligne les risques d’une intervention publique sur le marché de détail ...susceptible de faire double emploi avec l’opérateur historique, de monopole local..."
Là, j'en connais qui sont contents d'être assis en lisant celà: le monopole local n'est-il pas déjà établi de fait par "l'opérateur historique"? Un opérateur qu'il serait temps de traiter comme n'importe quel autre, même s'il est le seul à avoir relevé le défi du service universel -il faut dire qu'il était aussi le seul en position de le faire.
Bien sûr, si vraiment l'argument principal consiste à "satisfaire les attentes des 10 000 petites communes et zones hébergeant de façon permanente les 2% restant de la population française"celà paraît tout de suite plus sympathique.
Sauf que...
Sauf que si une communauté de communes dont la principale dispose déjà de l'ADSL se mobilise pour créer un réseau ainsi que le l.1425-1 l'y autorise, si les pouvoirs publics ou les collectivités territoriales adoptent l'attitude de ne pas "faire double emploi avec FT" il n'y a aucune chance de réaliser un équilibre économique en créant et exploitant une foultitude de mini réseaux pour les 10 000 communes précitées. Il y a également très peu de chances pour que les élus (ou les électeurs) de ces petites communes, démunis du savoir-faire, de la puissance économique, ou de la projection politique, arrivent un jour à se doter du haut débit.
Cette attitude de l'ART, si elle était confirmée, laisserait croire que cet organisme accorde une totale confiance aux affirmations tant de fois répétées et tant de fois repoussées de FT sur la couverture du territoire.
C'est peu vraisemblable, connaissant le souci de l'ART de trouver des solutions de péréquation.
L'enjeu est de taille, puisque le protocole Internet va très vite investir bien d'autres domaines que l'ordinateur où le téléphone et modifier en profondeur le fonctionnement de la société dans son ensemble.
Nous pouvons donc en conclure ( ou espérer) que l'ART va tenter de proposer un échantillon de solutions adaptées aux réalités du terrain, quoique fasse France Télécom. Je reviendrai prochainement sur ce sujet, car si j'ai, comme tout le onde, fait la fête, ma boîte mail n'a pas chômé, enregistrant de nouvelles demandes d'infos, m'avertissant de nouveaux projets. Il y a plein de bonnes volonté, d'initiatives, de désir de réduire la fracture, c'est souvent un plaisir de les lire. Pardon pour la longueur de cet article!
Ce billet, écrit à 16:19 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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vendredi 24 décembre 2004
Nos connectés isolés s'apprêtent à passer leur premier Noël à haut débit.
Nous remarquons que s'ils ne se privent pas de consulter les sites marchands, seule une infime minorité accepte de payer par carte, les autres préférant envoyer un chèque, même si ça augmente les délais de livraison.
L'un d'eux m'a expliqué sa réticence: "comme notre réseau passe à travers les airs, ça doit être plus facile d'intercepter mon numéro de carte bleue!"
On ne rit pas: c'était un des arguments objectés par le représentant local de FT quand nous avons démarré l'expérimentation.
Pour ma part, j'apprécie de voir arriver dans ma maison vraiment perdue les produits commandés, deux à trois jours après avoir passé ma commande.
Ces derniers jours, nous avons constaté un accroissement local de la demande d'abonnement, dépassant souvent nos possibilités (trop loin)
J'ai également enregistré sur mon mail une plus grande demande d'infos de la part de porteurs de petits projets, ce qui me fournit deux hypothèses:
1/Le besoin du haut débit en zone rurale se fait de plus en plus ressentir
2/L'exemple de la faisabilité (mes correspondants ont souvent trouvé la Chaumière dans le guide officiel haut débit pour les décideurs, ou dans ce blog) est une excellente incitation à passer à l'action.
Alors, puisque c'est les fêtes, je profite de ce blog pour souhaiter à tous ceux qui m'ont fait part de leurs projets, assez de foi, d'imagination et de persévérance pour parvenir à la réalisation de ce que la moitié des internautes français possède déjà: une connexion permanente et un bon débit!
Ce billet, écrit à 17:50 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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mardi 14 décembre 2004
Ce blog est consacré aux projets soutenus par la DATAR, c'est entendu.
Mais certains de ces projets, comme LCHD ou Etsaut, n'auraient sans doute pas vu le jour s'ils n'avaient rencontré au préalable sur leur chemin un autre soutien, dont l'énergie permit d'insuffler une dynamique puissante.
Lorsque nous avons commencé à démarcher pour obtenir de l'aide (on avait 80€ de fonds propres) afin de monter notre expérimentation, qui se situe dans un contexte a priori pas du tout rentable, menée par des gens qui n'y connaissaient rien, nous sommes tombés sur un responsable doté de vision.
Quelqu'un prêt à prendre des risques importants, en toute conscience.
La décision de financer une sorte d'Ovni ou de virus du haut débit non pas au dernier kilomètre, mais plutot au dernier hectomètre pour provoquer un effet social et macro économique très réactif avec 80% de probabilités d'échec n'est pas facile à prendre pour une personne en charge des NTIC d'une Région. De toutes façons, il avait décidé de parsemer le terrain, comme il le dit, d'un bouquet d'expériences et d'innovations.
Mais une décison d'autant moins facile à mettre en oeuvre quand ce programme doit conjuguer deux administrations intrinsèquement complexes et imperméables. C'est pourtant ce qui a été fait dans un PRAI, entre le Conseil Régional d'Aquitaine et les Fonds Européens, avec pour résultat de lancer plus de quarante projets dans la Nature de cette Région.
Aujourd'hui se tenait à Bordeaux une réunion de tous les porteurs de projet.66% d'entre eux estiment avoir déjà obtenu des résultats, ce qui est énorme à ce niveau expérimental
En outre, la palette des projets est étonnament large et diversifiée, aucune redondance, dans un esprit à la fois régional et universalisable:pas du tout un truc de technocrate
Le programme du jour?
Discussions, pas de langue de bois, déjeuner pris en commun, tables rondes.
Les porteurs de projet, invités à dire ce qui devait être amélioré si le programme PRAI devait se poursuivre, se sont lancés. Certains comme des enfants gâtés peu reconnaissants (mea culpa), d'autres tellement immergés dans leur projets qu'ils étaient comme des savants de Bandes dessinées qui ignorent le monde autour d'eux, d'autres encore tout étonnés d'être là.
Ils ont ensuite été tout naturellement amenés à prendre contact entre eux selon les affinités de leurs expérimentations. (A cette occasion l'intérêt de ce blog Fing/DATAR, en terme de retour d'expériences, m'apparaît encore plus probant. C'est un outil qui a clairement manqué au PRAI).
Il me semble que l'opération peut globalement être considérée comme un succès.
Celui par qui tout est arrivé, qui a fait que tout se poursuive est une sorte de diva (sauf qu'il est d'une grande modestie) un artiste (sauf qu'il est technologue) un charmeur (sauf qu'il mord) comme on en rencontre rarement. Aussi étonnant est le fait que le président de la Région ait saisi l'importance de mettre une telle personnalité à un tel poste.
C'est ce qui manque souvent: un homme-clef, inspiré et soutenu.
Ce billet, écrit à 17:53 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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samedi 11 décembre 2004
Une question qui revient sans cesse: combien ça coûte, votre truc?
Je vais donc vous faire ma petite liste, mais d'abord:
A Agen, le sympathique représentant de France Télécom vantait son produit satellite wifi pour village isolé en faisant comme si tous les villages de France étaient un ensemble de maisons hyper serrées les unes contre les autres.
J'ai regardé sur le Net: en fait il n'est pas le seul à faire çà.
Mais une commune rurale, c'est un bourg, des hameaux, des maison isolées, et c'est pourquoi le baratin "on vous installe une parabole au-dessus de la mairie ou de l'école, et tout le monde se partage le signal Internet", c'est une vue de l'esprit.
Ce n'est pas le petit routeur acheté en grande surface qui va permettre de connecter votre maison perdue ou votre entreprise agricole (c'est fou ce que les technos oublient l'existence des exploitations agricoles, non?)
A croire que les fermes sont en centre ville, ou qu'un agriculteur n'a pas besoin du haut débit: on verra plus tard au contraire qu'à l'heure actuelle c'est pour cette profession un outil très intéressant, qui permet d'économiser, de gérer la fiscalité et les subventions
Bref, ce qu'il faut c'est des antennes qui envoient le signal parfois à plus d'un kilomètres (chez nous , on va jusqu'à 1,8 mais ce n'est pas la limite)
On utilise donc des antennes de 8 à 14 dbi qui ressemblent à çà: C'est petit, non?
Alors donc, le prix moyen pour connecter l'utilisateur final isolé:
Antenne 8dbi 50€; 14 dbi 75€
Support orientable: 14€
AP (Point d'Accès) 100€
Connecteurs N male et RP-SMA femelle 11€
Auxquels s'ajoutent le cablage Aircom+ et RJ 45 qui ne vous ruinera pas
L'antenniste (mais un des membres de votre joyeuse communauté en comprend peut-être un?)
Les heures ingénieur (il configure, supervise et ajuste tout çà)
Ces prix come on dit ne sont ni fermes ni définitifs: on peut envisager un achat de gros; on doit réaliser aussi que tout dépend de la configuration du terrain et de la dispersion des sites à connecter
Ceci n'est qu'une base: on peut faire mieux, on peut faire pire.
Et je rappelle qu'il s'agît de l'instal utilisateur final, en bout de réception, qui ne sert pas de relai dans une série.
Ce billet, écrit à 17:57 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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vendredi 10 décembre 2004
Participant aux rencontres numériques d'Agen, j'ai rencontré plusieurs personnes qui m'ont dit suivre ce blog des "alternatifs". Comme je reçois également pas mal de mails répondant à des articles ou poursuivant un des sujets abordés ici, je vois qu'on peut y trouver une quelconque utilité, ce dont je doutais sérieusement au début. Je suis cependant convaincu que pour la qualité du débat et des échanges, il serait profitable que les lecteurs n'hésitent pas à écrire des commentaires, demandent des détails, apportent la contradiction ou des suggestions.
Ainsi, j'ai très récemment reçu des mails venant
- l'un du représentant d'un groupe de maires dans le Sud qui me demandent des conseils d'ordre organisationnel
- l'autre de deux petites communes qui voulaient des prix clefs en mains
- un troisième encore qui me faisait part d'un devis proposé par un prestataire pour construire son réseau (fort heureusement mon correspondant avait compris qu'on lui demandait beaucoup, beaucoup trop cher)
En dehors du fait que chaque situation nécessite une réponse spécifique, je suis persuadé que la richesse d'informations que me procurent toutes ces demandes, si elles étaient portées en commentaires sur mes articles, provoqueraient beaucoup plus d'idées et de réponses fructueuses fournies pas les lecteurs du blog, que par bibi l'auteur d'articles. Donc, envoyez des commentaires, même sur les articles anciens (et je ne parle pas que des miens, bien sûr).
Ce billet, écrit à 17:38 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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jeudi 2 décembre 2004
Du fait de la dispersion des connectés dans la forêt, l'un de nos poteaux supportant une antenne omnidirectionnelle au centre d'un réseau en étoile est situé trop loin de tout pour qu'EDF accepte d'y apporter l'alimentation électrique.
Nous l'avons donc doté d'un capteur solaire relié à un régul, convert, et batterie qui alimente l'AP relié à l'antenne. Depuis son installation, nous avons doublé la surface des panneaux.
Récemment, d'autres sites ont été connectés à cette antenne, tirant sur l'AP qui, de toutes manières, fonctionne jour et nuit, que l'on se connecte à l'Internet ou pas.
Aujourd'hui que l'hiver approche, que la luminosité baisse, il va de nouveau falloir doubler la surface des panneaux. En pleine campagne, la stabilité de l'alimentation électrique est un problème majeur, plus facile à résoudre dans une ville: surtension, source du flux, orages (O désespoir, bien sûr) fin de ligne EDF, etc.
Il importe donc de bien l'intégrer à l'avance, même si on a déjà pris en compte l'achat d'onduleurs et autres précautions. Par exemple, ne pas se faire voler les panneaux, batteries, etc, donc prévoir un système anti-larcin
J'écris cela à la suite d'un échange avec le porteur de projet d'une petite commune de l'Aveyron, un projet qui me semble très bien abordé.
Les questions qu'ils m'ont posées m'indiquent que ce genre d'infos terre à terre est peut-être utile à partager avec ceux qui démarrent des mini-projets (ces mini-projets qui agacent non seulement FT, mais les grosses associations qui assènent les vérités qui les avantagent, à savoir qu'il n'y aurait pas de place en France pour les petits).
D'autres questions concernaient les coûts liés aux prestataires, qu'il s'agisse du satellite, des AMO, des équipements solaires: il y a le choix, donc il y a du marchandage à entreprendre.
Après tout, l'Internet, c'est aussi le souk §:-)
Ce billet, écrit à 16:16 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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jeudi 25 novembre 2004
Difficile de créer un réseau alternatif et de rester les bras ballants pour attendre les "usages". En effet, si vous faites dans l'alternatif, c'est que vous êtes dans un cas assez particulier: vous risquez, comme nous, de proposer un media à des gens complètement néophytes. Il faut les ac-com-pa-gner. §:-) Nous connectons par exemple deux sites de particuliers très isolés qui n'avaient jamais, avant qu'on les connecte, utilisé d'ordinateurs: leurs machines étaient encore dans les boîtes, et là-dessus on leur balance le haut débit.
Si on ne leur avait pas promis, au départ, de les accompagner, ils n'auraient sans doute pas participé à l'expérience
Si on ne les avait pas accompagnés au départ, nous n'aurions pas non plus récolté leurs impressions avec la même ingénuosité, ou sincérité
Par exemple: leurs premières navigations solo, c'était un peu comme lâcher des acteurs sur les planches, et c'était aussi contempler une appropriation de l'outil faite sur un mode que nous n'attendions pas, vers une utilisation chaque fois très différente, qui a amené les participants (pas seulement les néophytes) à des projets très éloignés les uns des autres, alors qu'ils sont tous dans un environnement similaire, chacun en pleine forêt. L'autre point commun, c'est la rapidité avec laquelle chacun a personnalisé et, presque, banalisé sa relation à l'Internet.
Au point où deux des enfants du réseau ne comprennent pas, lorsqu'ils vont chez des amis également en pleine campagne, que leurs copains n'utilisent l''Internet quavec parcimonie.
La première donnée qui est apparue, c'est le désir immédiat d'abolir les distances (kilométriques d'abord, sociales et didactiques ensuite), avec tout ce que cela comporte.
La deuxième, c'est qu'une foi sque l'on a montré qu'on était présent, eh bien, paradoxalement, on n'a plus besoin de nous!
Mais une chose est d'accompagner, une autre est de diriger, aussi n'avons-nous été présents qu'au tout début, notamment dans l'essuyage de platres.
Ensuite nous avons mis l'intranet en ligne, sur lequel ils sont sensés apporter un retour (questionnaires récurrents, sondages, FAQ,etc); nous faisons actuellement une monographie pour récolter leurs confidences .
ça, c'était pour l'accompagnement de l'utilisateur final: pour qu'une collectivité territoriale monte un réseau, il faudra aussi l'accompagner. C'est en effet un élément que les constructeurs de réseau négligent. Mais j'y reviendrai dans un prochain blablog
Ce billet, écrit à 14:55 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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lundi 22 novembre 2004
Comme nous sommes à toute petite échelle, nous ne faisons pas de théories sur l'usage, mais tentons de démontrer sur le terrain combien les conditions d'utilisation du Net définissent l'impact de ce média, et comment l'enjeu se détermine carrément en terme de survie économique et sociale.
Puisqu'on connecte une petite mairie qui a mis en place une salle multimedia pour ses administrés, et que cette mairie n'ouvre que deux matinées par semaines, le préfet, le sous-préfet et un conseiller général sont venus voir comment l'Etat pourrait aider à maintenir cet accès haut débit disponible plus longtemps, genre emploi-jeune ou assimilé. Nous en avons profité pôur leur montrer quel est l'impact d'une connexion permanente et assez rapide quand vous travaillez en plein bois (la plus ancienne cité humaine connectée au haut débit, c'est la Roque St-Christophe, 55000 ans, et c'est grâce à nous). Tout ce cortège est ensuite passé chez l'artisan menuisier charpentier que nous connectons et qui leur a expliqué comment, depuis que nous opérons, il peut envoyer des plans à ses clients (qui font retaper des résidences secondaires) et recevoir leurs réponses, comment il a accru sa visibilité. Nous nous trouvions hors de vue de toute habitation, et ce contraste était assez démonstratif.
Il se trouve que ces deux représentants de l'Etat sont des hommes qui ont pas mal de bagage personnel: leurs questions et leurs remarques l'ont montré. Ils ont paru intégrer pleinement l'importance qu'il y a à intervenir sur les zones dites blanches, et combien cela peut changer la donne. C'est peut-être à çà que servent des expérimentations comme la notre: servir d'exemple concret, être un détonateur? A part çà, si ça continue ainsi, ce blog va devenir un blog perso, ce qui serait saoulant!
Ce billet, écrit à 17:44 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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mercredi 17 novembre 2004
LCHD (c'est nous) sommes des petits parmi les petits: petit projet, petit territoire, petit opérateur télécom, un vrai rase-motte.
Mais c'est ce qui permet un certain dynamisme, une capacité à remuer et à astiquer les gros, une agilité d'intervention et une vulnérabilité dynamique.
Ainsi, puisque l'on n'est qu'un des trois opérateurs à avoir répondu à la consultation de l'ART sur le L.1425-1; puisque l'on est la seule asso à avoir bénéficié de l'aide lors du premier appel à projet, puisque de plus l'on est une asso sans lien avec une collectivité territoriale, on est aussi les seuls à engranger en direct une expérience humaine autant sinon plus que technique qui nous met les pieds dans le lisier et les mains dans le cambouis tout en nous gardant les poumons dans l'air frais. Nous sommes libres, et donc les gens viennent à nous. Et ils nous en disent, des choses.
Tout d'abord, que la réinvention de la roue, à savoir le VoIP ou la télé par Internet n'est pas de première urgence quand on vit à la campagne.
Ensuite, que le haut débit, c'est du transport, du travail (après tout, on connecte un agriculteur qui avait renoncé à utiliser les formidables outils du site du ministère de l'agriculture because le RTC en rendait l'usage frustrant; le charpentier envoie et reçoit ses plans quand et comment il veut) , de la visibilité (le camping qui accueille des milliers d'Européens leur permet de rester en communication avec leurs entreprises ou leurs familles lorsqu'ils sont en vacances), de la présence (la mairie totalement isolée a des retombées sans commune mesure avec la taille de la population (147) qu'elle administre), et bientot peut-être, de la sécurité. Car le discours officiel des 6 millions d'abonnés au haut débit cache la réalité: 54 millions sans haut débit.
Ce billet, écrit à 17:46 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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lundi 8 novembre 2004
Notre expérimentation figurant dans le petit livret distribué aux “décideurs des collectivités territoriales” par la Délégation des usages de l’internet, un organisme du ministère de la recherche, le Ministre lui-même a fait une petite conférence de presse en compagnie de quelques porterus de projets sur le thème des enjeux et usages.
Ce petit livret est ce qu’il est, mais présente l’avantage de montrer les plus et les moins des différentes approches pour une collectivité territoriale (CT).
Je reviendrai un autre jour (si la porte reste ouverte) sur l’aspect des enjeux, un thème fondamental.
Une des premières questions que me posent les nombreux élus qui m’envoient des mails ou m’appellent, c’est : l’agenda, le scénario, le pas à pas. En effet, mettons-nous à la place d’un élu ou délégué de CT préssé par ses administrés qui veulent le haut débit. Cette personne n’est en rien un sécialiste : ce qu’il lit ou entend à la radio va la plupart du temps ajouter à sa confusion sinon l’induire en erreur (genre portée du Wi-Fi : 100 mètres, ou CPL c’est si simple ou la fameuse Charte des Départements Inertes).
Néammoins, il persiste et va entreprendre le premier pas.
Celui-ci consiste à contacter une des sociétés d’experts en construction de réseau - de plus en plus nombreuses - spécialisées “collectivités sans espoir d’ADSL", et la CT va se retrouver avec le fameux Avant Projet Sommaire (APS) ou Etude Préalable, autrement dit avec un premier engagement financier qui ne lui garantit pas grand-chose, puisque certaines de ces sociétés ne veulent et ne peuvent rien faire d’autre que l’APS, d’autres vont proposer des solutions coûtant des sommes faramineuses, d’autres encore vont l’inonder sous un jargon technique abscons, etc.
Comment démêler les rêts de ces nouveaux pièges si l’on n’a pas d’expérience ? Ce livret du ministère y répond-t’il ?
Il faut pourtant s’engager, entreprendre. il faut aussi absolument pressurer son député pour qu’il fasse appel au fond de péréquation (100 millions d’euros, belle cagnotte).
Ce billet, écrit à 14:51 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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mardi 2 novembre 2004
Lors de ce séminaire au Sénat, Jacques Douffiagues, du Collège de l’ART nous a parlé de la vaste consultation publique mise en place par cette institution au sujet du L.1425-1, et dont les résultats seront bientot connus. Il a notamment dit sa déception de ce que seuls trois opérateurs (3 !) aient jugé bon de répondre à ce qui pourtant les intéresse au même titre que les collectivités territoriales.
Même chose sur ce weblog auquel devraient participer ceux qui, pourtant, ont bénéficié de l’aide publique.
Comme dit A. Mons : concernant l’usage, ce qui compte, c’est plus l’échange que le contenu. On ne peut que constater l’attitude générale de gavés de ceux à qui la parole est offerte.
Agir est devenu un truc rarissime dans le coin, et c’est étonnant, car de l’action vient l’interaction, et de là, peut-être, un accroissement de nos connaissances.
Encore faut-il avoir la volonté de savoir, comme disait Foucault.
Ce billet, écrit à 14:47 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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vendredi 22 octobre 2004
L’utilisation d’un outil dépend-il d’un besoin ou de sa disponibilité ?
Le besoin d’un usage a, dans l’Histoire de l’humanité, amené à créer l’outil. Au XXe siècle, ce sont souvent les nouveaux outils qui ont induits de nouveaux comportements. Ceci vaut-il dans le cas de l’Internet ?
C’est une question que nous avons été amenés à nous poser au début de l’expérimentation. Konrad Lorenz aurait sûrement été intéressé par l’étude comportementale des internautes. Beaucoup de ceux que nous prospections pour leur offrir de participer nous répondaient: l’internet, je n’ai pas le temps, j’ai déjà mon jardin ou “pourquoi faire ?” ou encore , en parfaite communion avec l’ancien patron de FT et de la CDC : ceux qui vivent à la campagne n’ont pas besoin du haut débit, ils préfèrent écouter les petits oiseaux.
Eh oui…
Or, l’utilité de la connexion permanente se révèle au moins aussi pertinente à la campagne, dans l’isolement géographique, qu’à la ville. il apporte, à la différence de la ville, la rupture de l’isolement social.
Nos connectés résidents tous en forêt. S’ils ont au début acceptés le haut débit en traînant les pieds, à l’exception d’un agriculteur ("si je n’ai pas çà, je ne pense pas que mon fils restera"), ils se sont rapidement mis à l’utiliser intensément en prolongement d’activités déjà éprouvées.
Les nouveaux usages ne sont apparus que lentement, à mesure que débarrassés de l’horloge analogique, ils furetaient sur les hyperliens. Mais la première utilisation des adultes est en rapport avec l’économique, le travail, l’administratif.
La suite plus tard...
Ce billet, écrit à 16:14 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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Je participais hier à un séminaire au Sénat axé sur "y a t’il de la place pour les petits projets telecom ?". N’étant pas un pro du Net mais plutôt un explorateur tatonneur, je me suis trouvé mélangé à une sorte de caste d’experts qui font dans le congénital : je suppose qu’à chaque colloque, c’est les mêmes, à quelques exceptions près. ça manque d’oxygène.
Bref, de la place, il faut en faire pour les petits projets, c’est sûr. Mais on a évoqué le truc à la mode “les usages de l’Internet". (j’ai l’air de me moquer mais bien sûr , les usages , il faut en parler).
Seulement, et je réponds un peu à Mons, on ne peut dissocier les usages internet de leur conditions d’utilisation. Selon que vous aurez commencé par le très haut débit ou par le RTC, vous n’aborderez pas les différentes applications du Net de la même manière, et celà dès votre première heure sur le Net.
Selon que vous aurez ou non une connexion permanente, votre emploi du Net se fera simplement et prodigalement, ou volontairement et chichement.
A partir de là, vous serez perpétuellement en demande d’augmentation de débit, que votre emploi de ce medium soit trivial, ludique, scientifique, pro quoi ou qu’est-ce.
Toutes les observations que Mons a faites sont absolument pertinentes, il faut lire son commentaire. ça renforce mon impression, après ce séminaire de spécialistes -dont certains sont brillants, que le meilleur observateur sera, finalement, le porteur du projet.
Ce billet, écrit à 09:01 par Laurent Condominas dans la catégorie Chaumière Haut débit a suscité :
Ce billet, écrit à 16:13 par Laurent Condominas dans la catégorie La chaumière haut-débit a suscité :
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jeudi 7 octobre 2004
Une de nos nouvelles connectées se plaint : elle trouvait que le débit n’était pas meilleur qu’avec le numéris.
Renseignement pris, cette dame gère une quinzaine de sites et envoie sans arrêt des petits fichiers ftp. Elle confond en fait débit et réactivité. Par exemple si je me connecte sur un serveur ftp et j’en liste le contenu ça va plus vite en Numeris qu’avec le sat, car Numéris est plus REACTIF. Et ça ça la dérange un peu.
Comme elle le fait plusieurs fois par jour elle perd un peu de temps.
Ici on ne parle pas de transfert de fichiers (et donc de débit) : elle reconnaît par contre que la navigation est très rapide, ainsi que le téléchargement.
On essuie pas mal de plâtres comme ça, et nos abonnés s’adressent à nous comme si nous étions quelques dizaines ou centaines à travailler sur le réseau.
Cela fait certes partie des règles du jeu que nous avons voulu mettre en place, mais le manque de participation de ceux qui profitent de nos efforts est un peu frustrant, quand je le compare,toutes proportions gardées, avec ce qui se passe pour le fabuleux projet de Mahabur Pin.
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mardi 5 octobre 2004
L’existence même d’une structure aussi petite que la nôtre, opérant dans des conditions aussi rares (en pleine forêt périgourdine) et ne s’adressant qu’à des gens ou entreprises isolées a fait naître une demande inattendue et importante, en provenance d’un peu partout, en France comme ailleurs. Hier c’était Madagascar, avant-hier la Guyane.
Je reviens juste d’une réunion tenue dans la mairie d’un très joli petit village de Dordogne. Etaient présents un groupe de gens à la fois pleins d’espoir et incrédules. C’est eux qui avaient insisté pour que je leur raconte.
L’enjeu est si important quand vous vivez loin de tout : les citadins ont oublié à quel point l’internet abolit les distances. Ici, à la campagne, les distances, ça compte. Alors ils me demandaient comment faire: après tout, ça marche pour vous à LCHD, on en a parlé dans la presse locale, à la Télé. Ca semble simple… Mais combien ça coûte ? Quelqu’un a mentionné le plan Fillon de l’ordinateur à un euro par jour, et Wifi en plus !
"Quelle aubaine pour les gens des villes mais une fois rentré chez nous, loin de tout, mon gamin ne partagera pas les mêmes avantages que les autres, ne pourra pas procéder aux mêmes échanges d’infos".
Qu’est-ce que je peux dire à ça ?
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lundi 4 octobre 2004
Bloguons oui bloguons, surtout si tout le monde s’y met. LCHD (La Chaumière Haut Débit) se retrouve en impressionnante compagnie, mais avons-nous réellement le droit d’entrer dans ce bal si huppé, quand les autres blogueurs représentent qui une région qui un département qui une réunion de communautés de communes de 45000 personnes, et que nous ne sommes que treize à notre table ?
Pourquoi 13 ?
Parce que nous attendons le 14ème.
Nous sommes petits. Minis. Micros.
Mais notre expérience est axée sur des gens isolés, et l’on peut dire qu’on a apporté l’eau là où elle n’est pas attendue avant l’an X. Notre retour d’expériences est donc à la mesure de l’enjeu national, et même plus, car dans cette- disons discipline- celui qui peut le moins peut le plus.
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