Territoires et haut débit : le blog des projets

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mercredi 22 juin 2005

En réponse-complement du précédent billet

Petit point de terminologie : je parlerais plutôt du dernier kilomètre car pour l'instant des réseaux se sont plutôt construits des serveurs vers les utilisateurs :) Du point de vue, historique, il s'agit bien du dernier km. Par contre, au niveau technique, cela ne veut plus rien dire puisque le Net n'est plus un média de masse mais tire une grande partie de son utilité sur le fait qu'il soit bidirectionnel.

 L'analyse de fond me semble tout a fait juste, il s'agit bien d'aménagement du territoire et la comparaison avec l'électricité, les routes ou le téléphone est tout a fait pertinente. Cependant, l'interventionnisme qui prévalait il y a quelques dizaines d'années n'est plus d'actualité, à tord ou a raison ce n'est pas la question. L'opinion publique, les marchés, la classe politique ne comprendrait pas un déploiement massif du haut débit tel que cela a été le cas précédemment avec les autres grands chantiers nationaux. Quoique, il serait intéressant d'étudier le modèle économique du déploiement de la TNT...

 Il me semble que le marché de l'eau est un cas a part car il a assez vite été décentralisé auprès de syndicat mixte. Le déploiement du haut débit pourrait suivre ce modèle bien que cela aboutisse a des tarifications différentes selon les régions.

 Au delà de ces commentaires, je voudrais juste vous parler de deux points qui nous tiennent a coeur à Pomeys :

  • Primo, nous pensons qu'il y a 2 fractures. Celle technique ou géographique dont vous parler et qui empêche tout les foyers d'être éligible à du haut débit (hors satellite). Cette fracture est celle dont on parle le plus et qui inquiète tout le monde. En effet, il ne semble plus concevable qu'aujourd'hui des citoyens n'est plus cet accès qui est nécessaire à toute activité sociale.

  • Secundo, a coté de cette fracture géographique, on voit une autre fracture numérique qui est plus silencieuse car ceux qui la subissent n'ont pas les outils ni les moyens pour l'exprimer, ils n'en n'ont peut être même pas conscience d'en être les victimes. Il s'agit de la fracture numérique non pas d'exclusion par la technique mais par le prix ou consentement à payer (willingness to pay). La plupart des utilisateurs potentiels, et surtout à la campagne, soit ne peuvent pas se permettre de payer le prix d'une connexion Internet, ce que j'ai d'abord pensé, soit ont un consentement à payer faussé (trop faible) car ils sous évaluent utilité d'un tel média. A Pomeys, nous fournissons du moyen débit (10Mbps pour 20 utilisateurs) gratuitement, même si l'utilisateur est éligible ADSL ou câble pour montrer ce qu'on peut faire avec le net. Notre but : faire prendre conscience de son utilité. Notre objectif : que ceux qui sont éligibles souscrivent un abonnement avec un FAI privé et que l'utilisation du net par le wi-fi soit temporaire ou réservé aux usages itinérants ( sauf pour mairie, salle des fêtes, des sports, MJ, école ..)

 Mais alors a quoi sert le déploiement massif du wi-fi dans un village déjà connecté à Internet ?

Cela sert déjà de manière permanente à la toute petite partie de la population qui ne peut pas se payer un abonnement à 20€ par mois. Cela sert aussi pour les usages itinérants ou publics et pour raccorder bâtiments publics. Mais l'utilité principale est de favoriser les usages locaux du TRES haut débit (54Mbps théoriques, au moins 5,5 en pratique).

Désolé de reprendre l'exemple de Pomeys, mais nous avons mis en place un serveur de fichiers samba, un serveur de mail, un site collaboratif, de la visio, de la VoIP, une webradio, une salle informatique itinérante. Les usages sont infinis et la plupart doivent être l'affaire des utilisateurs. N'oublions pas que c'est l'offre qui crée la demande. On ne parle plus ici de 512k ou même de 1024k, mais de débit qui sont au minimum 5 a 10 fois plus rapide, et dans les deux sens. L'association qui fait une sortie ne se contente plus de mettre quelques photos hyper compressées mais peut envisager de mettre une vidéo entière ou des photos développables. L'association de musique ou la chorale des parties de leurs œuvres. Des retransmissions du conseil municipal deviennent possibles, …

Donc oui pour la vie locale, il est utile de déployer un réseau sans fil et oui l'accès à Internet est loin d'être la seule utilité (d'ou la grave erreur de la CSTIC d'avoir restreint le wifi a l'ASFI) Pour preuve à Pomeys, des foyers demandent le wireless alors qu'ils ont déjà un abonnement haut débit. Il s'agit bien la d'usages locaux qui pourraient aussi mettre a profit pour le développement économique rural.

On pourrait faire développer ses photos numériques au photographe du coin, voir si il reste encore du pain chez la boulangère, et que dire des usages pour ceux qui travaillent localement artisans ou agriculteurs. Ce serait pour eux un formidable moyen de mutualiser des ressources. Un ami agriculteur m'a déjà demandé la faisabilité de surveiller un vélage en visio. Pourquoi ne pas penser des terminaux embarqués dans les tracteurs, à une station météo locale avec archivage, .... Etc.

 En résumé, vive le wi-fi rural, même la ou l'ADSL est déjà présent.

lundi 4 avril 2005

Un projet de territoire qui s'exporte

Appel a compétences pour un projet au Sénégal et l'on reparle du wi-fi comme de l'internet du pauvre...

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mercredi 2 février 2005

Expérimentation wifi à Pomeys, déja deux ans d'existence ...

Je viens de relire ce mail de Novembre 2004 qui m'indiquait la création de ce blog, un de plus qui allait être un feu de paille ? A l'époque j'avais promis que j'y déposerais un petit mot, je prends donc quelques minutes pour le faire ce soir.

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