Françoise Roure

Un article de WikiCinum.

Avant de décrire vos capacités d'action et vos initiatives, individuelles autant que collectives, nous aimerions que vous puissiez témoigner de ce que vous
inspire cette idée clé pour CINUM 2007 de « maximiser la capacité que nous avons de forger notre propre avenir » ? En accordant une attention particulière au
rôle des technologies, considérées comme des moyens d'élargir ces capacités d'action et de choix, ou au contraire comme des contraintes et des impositions
de logiques extérieures à l'humain.

1- Dans votre propre travail, votre action, comment interprétez-vous cette idée et éventuellement comment la mettez vous en pratique ?

LA SOCIETE DE L’INFORMATION A L’HEURE DES NANOTECHNOLOGIES : QUELS DEGRES DE LIBERTE POUR LE FUTUR ?

Votre question renvoie à la relation que nous entretenons individuellement et collectivement avec la mémoire.

Au tournant de l’an 2000 le passage des technologies de l’information à la société de l’information est une dynamique à l’œuvre sur l’ensemble de la planète. Là où les années 80 avaient vu se développer les mass média audiovisuels y compris au fin fond de la brousse africaine, avec le groupe électrogène dans la cour commune de la concession, le début du XXIème siècle apporte l’Internet et ses usages partout, par tous les moyens techniques disponibles sur le marché.

La fin du XXème siècle a vu l’optimisation de la loi de Moore et l’évolution des usages inscrits dans un continuum conceptuel. Les micro technologies de la filière électronique ont apporté des différences d’ampleur mais non de nature dans la représentation de la modernité par les technologies de l’information et de la communication. La chute des coûts de production et des prix a permis la banalisation de la mémoire. Nul besoin d’être sélectif dans ce qui est mis en mémoire artificielle.

L’effet de civilisation commence ici, avec ses aspects positifs de démocratisation de la connaissance, de sédimentation en mémoire collective de quantités de savoirs et savoirs-faire, mais aussi avec ses aspects plus insidieux en terme de sens : lorsque virtuellement tout peut être stocké à si peu de frais, pourquoi faire l’effort d’apprendre, et surtout, d’exercer un discernement pour différencier l’essentiel de l’accessoire ?

Là où les traditions orales puis écrites, matérielles, devaient faire acte de civilisation en choisissant collectivement ce qui valait la peine d’être transmis, les civilisations numériques devront exercer cette sélection autrement que par la rareté économique du support de transmission, le seuil du rationnement religieux de l’accès à la connaissance ayant semble-t-il été franchi depuis l’imprimerie…

Dans la pratique quotidienne, l’illusion de surabondance d’information gratuite et à portée de main en tout temps et en tout lieu conduit en réalité à se satisfaire de sources d’information vérifiée toujours plus concentrées tant en origine qu’en vecteur de diffusion. De plus, la disponibilité d’outils de travail collaboratif conduit à baisser la garde en terme managérial lorsque la valorisation des équipes par la valorisation collective des résultats est battue en brèche par le dogme de l’évaluation individuelle et de la mise en compétition des agents. Les jeunes générations reproduiront les comportements d’exercice du pouvoir par rétention de l’information si elles ne sont pas formées et puissamment incitées aux pratiques holistiques.

2- Si vous regardez 10 ans en arrière, avez-vous la sensation que nous avons aujourd'hui, collectivement, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre propre avenir ?

2.1- Dans quels domaines et/ou en raison de quels changements majeurs, avons nous selon vous, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre avenir collectif ?

Il y a dix ans, les premiers programmes de recherche publique structurés autour des nanotechnologies étaient lancés, notamment dans le 5ème programme cadre de R&D de l’Union européenne. Ces programmes ont évolué vers les technologies convergentes à l’échelle nanométrique et ont soulevé récemment des débats pris en compte par les institutions sur les questions éthiques apportées par les applications émergentes. A l’OCDE, un groupe de travail sur les nanomatériaux a été lancé fin 2005 et celui sur les nanotechnologies et leur gouvernance a été officialisé fin avril 2007. La perspective de la fin de la loi de Moore a orienté les acteurs vers la recherche du dépassement des limites à la miniaturisation par des technologies dites « bottom up » fondées sur l’auto assemblage. L’ordinateur moléculaire fait partie des feuilles de route prospectives.

Les nanotechnologies émergentes ne sont pas une passade médiatique. Elles constituent une plate-forme de rupture pour la nanoélectronique et l’informatique d’abord, les biotechnologies ensuite, la convergence bio-info ( in vivo, in vitro, in silico…) enfin dont les enjeux en termes de refonte de la division industrielle internationale du travail issue de la révolution industrielle énergétique sont absolument majeurs. Nous nous acheminons vers la biologie de synthèse avec la manufacture d’ADN d’entités hybrides ainsi que la brevetabilité des hybrides comme de l’architecture de leurs processus de conception et de production. La brevetabilité du Vivant est d’une certaine façon déjà dépassée.

Nos contemporains assistent à un phénomène de double anthropocène dont ils n’ont pas encore saisi toutes les dimensions et a fortiori toutes les conséquences.

L’anthropocène qui se réfère au temps géologique présent, correspondrait à la première ère dans l’histoire de l’humanité où l’impact des actions décidées par l’homme sur l’environnement et l’écosystème terrestre provoque une influence dominante sur le climat de notre planète, selon les experts du groupe intergouvernemental sur les évolutions du climat (GIEC).

En écho à l’anthropocène géologique et en référence cette fois au temps sociétal présent, l’autre anthropocène, non encore dévoilée, consisterait dans la perspective désormais proche d’un homme dit nouveau, issu non seulement de la convergence technologique entre les TIC, les nanotechnologies, les biotechnologies et les technologies jouant sur les capacités cognitives, mais aussi de la montée en puissance d’une tolérance envers un eugénisme d’une ampleur sans précédent dans l’histoire des civilisations, par lequel notre espèce créerait elle-même les conditions d’une bifurcation. La suite logique de la boîte de Pandore ouverte par les instruments de la biologie de synthèse, c’est l’homme hybride, bionique, issue de l’espace théorique d’hyperchoix ouvert part la biologie de synthèse. Au-delà de la sélection, et bien sur au-delà de la thérapie génique et des espoirs qu’elle soulève, la biologie de synthèse porte par essence la perspective de la constitution ainsi que de la transmission d’un patrimoine génétique augmenté.

Acceptons-nous la perspective d’un caryotype à la carte ? D’un fichier des caryotypes ? De la traçabilité des caryotypes ? D’une valorisation et d’une soumission de l’homme hybride aux lois du marché ? Voulons-nous l’évolution choisie de l’espèce ( la notre) en lieu et place du hasard et de l’évolution naturelle ? Et pour finir, avons-nous encore le choix compte tenu des désordres majeurs annoncés de l’écosystème terrestre ?

3- En conservant ce regard rétrospectif, 10 ans en arrière, avez-vous la sensation que nous avons aujourd'hui, individuellement, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre propre avenir ?

3.1- Dans quels domaines et/ou en raison de quels changements majeurs, avons nous selon vous, plus, ou moins, la capacité d'influencer notre avenir individuel ?

Avec des capteurs d’information comme s’il en pleuvait, la plupart des dispositions juridiques garantes des libertés dans le domaine informatique ne sont déjà plus applicables. Paradoxalement, la non applicabilité des lois, productrice d’ errements de l’action publique, est donc condamnée à grandir et non à diminuer, au fur et à mesure que les dispositifs légaux et leurs décrets d’application seront renforcés. En France avec le décret du 25 mars 2007 les droits des personnes à l’égard des traitements de données à caractère personnel ont été renforcés. Toutefois ce décret préjuge de la connaissance par les personnes de la collecte de données sensibles les concernant ainsi que de leur capacité de déterminer le responsable du traitement de ces données, à fortiori lorsqu’elles sont exportées en temps réel. Aux Etats-Unis, un projet de loi fédérale a été introduit pour renforcer la pénalisation de pratiques illégales de collectes de données personnelles par communications électroniques, à l’insu des personnes. Il s’agit du projet de loi dit « Spy Act » visant à encadrer les pratiques d’usages de logiciels espions et malveillants, qui vient après les dispositions prises par l’Etat de Californie.

Avec la convergence, les capteurs deviennent des collecteurs de données réelles et plus seulement numériques. Le projet CitySense déployé dans la ville de Cambridge (MA) est un précurseur en ce qui concerne les zones urbanisées. Il prévoit d’asseoir un réseau de capteurs multifonctions sécurisés, interconnectés par radiofréquences (802.11) et évolutif sur les installations d’éclairage public, fonctionnant quel que soit le temps et doté d’une autonomie énergétique robuste ( cellules photovoltaïques en plus de l’énergie du réseau municipal d’éclairage). Les premières applications sont, en continu et en temps réel, la mesure de la pollution par la détection de la concentration de particules et de l’émission de CO2. D’autres applications sont envisagées ( trafic automobile, identification de la présence d’agents chimiques, bactériologiques…). L’architecture logicielle est ouverte et capable d’accueillir de multiples applications nouvelles. Les forces du marché environnant les biens matériels et immatériels, conjuguées à l’économie politique de la peur, poussent à l’émergence d’une offre de produits communicants « seamless », embarqués et enfouis dont le premier usage est la disponibilité de l’information à distance, et de ses caractéristiques ( par exemple, les logiciels de « tatouage » des images prises par des mobiles avec la date, l’heure et la géolocalisation). Le succès de l’économie de l’image provient aussi des retombées de programmes militaires visant à développer l’observation et le renseignement électronique, y compris satellitaire, par tout moyen ( radar, optique …). Les progrès de la robotique également participent de ce mouvement de capture systématique des données. Un robot de service peut être équipé de 1800 capteurs pour assimiler son environnement et rendre les services attendus. Ses renseignements ont la caractéristique d’être dénués de subjectivité et interprétables à distance par des systèmes de reconnaissance.

La nanoélectronique ouvre une nouvelle vanne dans les remparts juridiques de la protection des données personnelles sensibles : celle du droit à l’image. Il n’est pas anodin d’équiper, en série, des centaines de millions de téléphones portables, qu’il conviendra d’appeler demain mobile universel (universal personal handset), de caméras.

Une mémoire holographique peut reconnaître jusqu’à un million de visages par seconde. Pour quoi faire et que cela suppose-t-il en termes d’acceptabilité de la biométrie ? L’ l’installation de capteurs d’images sur des réseaux de type CitySense offre des perspectives de capture et de traitement de données pratiquement sans limite technique, en appui sur les réseaux de communication électronique de nouvelle génération. Lorsque le péage urbain apparaît sur la toile de fond écologique de la lutte contre l’effet de serre, l’acceptabilité de la reconnaissance biométrique des visages n’est pas loin…

Il reste ici la responsabilité des hommes sur les choix des usages et leur contrôle, à condition qu’ils aient saisi collectivement la portée des outils dont ils disposent et qui créent, en l’absence de norme applicable, des désordres de plus ou moins grande ampleur, du local au global : enregistrement multimédia d’une prise de parole par un candidat à la présidence de la République, à son insu, passage à tabac dans les « quartiers », diffusion planétaire du passage à la trappe de Saddam Hussein…mais aussi utilisations potentielles à des fins terroristes. L’économie politique de la peur, le vieillissement des populations et les forces non réglementées du marché sont la combinaison gagnante du meilleur des mondes, aussi « naturellement » qu’une chaude pluie d’automne favorise l’éclosion des champignons dans les sous-bois…

Que devient la démocratie lorsque les autorités publiques ne sont plus en mesure de garantir les libertés fondamentales ? Lorsque la norme juridique sert de paravent à l’impuissance collective à faire respecter ces libertés comme à faire reculer les menaces (loi informatique et liberté modifiée, loi pour la confiance dans l’économie numérique, mais aussi lois dites Perben et leurs décrets d’application).

Nous avons aujourd’hui plus d’information à notre disposition pour éclairer nos choix. Mais dans le même temps l’univers dans lequel nous vivons, parce que les barrières naturelles géographiques à la connaissance du reste de l’univers ont sauté, notre conscience de la complexité s’est aussi accrue, probablement plus rapidement que notre aptitude à créer de la norme juridique au niveau de subsidiarité adéquat, du mondial au local selon la pertinence et l’impact de ces choix. 

4- Supposez que vous rencontrez un oracle détenant toutes les réponses concernant l'avenir. Quelles sont les 3 questions que vous aimeriez poser à cet oracle, afin d'entrevoir les choix ou les possibilités que vos enfants, lorsqu'ils seront plus grands, pourront mobiliser pour construire leur propre avenir ?

- Serons nous moins inégaux demain ? - Seront nous aussi libres demain ? - Serons nous plus fraternels demain ?

Ces trois questions contiennent en germe me semble-t-il, les réponses aux grandes impasses qui se profilent : énergétique et environnementale, démographique, politique…

5- Supposez maintenant que vous êtes cet oracle, que vous connaissez l'avenir et que l’on vous pose ces 3 mêmes questions. Quelles réponses donneriez-vous à chacune d'entre elles ?

La première source d’injustice et par conséquent d’inégalité dans une civilisation numérique, c’est le vol des intelligences humaines. La société de la connaissance suppose un accès libre et gratuit au patrimoine de l’humanité au sein duquel figurent en bonne place les savoirs et les savoirs-faire. La juste rémunération des œuvres de l’esprit est nécessaire mais ne doit pas conduire à un équilibre sous-optimal dans la création, l’inventivité, l’innovation. La gouvernance mondiale des droits de propriété intellectuelle, industrielle, droits d’auteur et droits voisins doit susciter le partage des connaissances et accélérer la création, pas l’inverse.

A la racine de la liberté figure le droit de chacun à la dignité. Figurent parmi les composantes de cette dignité la satisfaction des besoins fondamentaux, le respect des disparus, le droit à la mémoire comme le droit à l’oubli, les choix personnels, religieux, spirituels, politiques, associatifs et la protection de leur secret (un vote doit rester secret), le droit à un périmètre privatif inviolable, y compris et peut-être surtout dans une civilisation numérique, le droit de réclamer justice lorsque ces droits sont bafoués.

La première source de fraternité, c’est le devoir de secours et l’exercice du partage. Les outils de la société de la connaissance peuvent contribuer à exercer la fraternité sur une échelle globale, notamment par le partage des biens non rivaux.

6- Sur cette base, quelles seraient selon vous les décisions les plus importantes à prendre dès aujourd'hui ?

Je centrerai mon propos sur deux axes : l’anonymat garanti, et l’éducation aux valeurs civiles dans la société de l’information.

Penser la société de l’information à l’heure des nanotechnologies nous conduit à questionner les principes fondamentaux d’ordre constitutionnel quant à leur aptitude à garantir les libertés humaines essentielles et par voie de conséquence la démocratie.

1) Graver l’anonymat comme un droit fondamental des citoyens dans un univers mondialisé, ou renouer avec un habeas corpus étendu à la dimension virtuelle des individus, qui puisse réellement s’exercer, me paraît urgent. Dans la société de l’information et de la communication, la privation de l’anonymat devrait être prononcée par un jugement de justice. Elle serait constitutive d’une sanction de même portée que celle de la création d’un casier judiciaire, et levée au moment de l’extinction de la mention de la peine dans le casier judiciaire. A contrario, serait criminalisée la traçabilité à l’insu ainsi que la marchandisation de données personnelles sensibles, dont certaines sociétés réputées pour offrir des logiciels de connaissance de clientèle bancaire font pourtant état sur Internet. Bien connues des cellules antiblanchiment, elles vendent sur Internet les sociogrammes de personnalités politiques, de leur personnel et de leurs proches, sociogrammes issus du cumul et de l’actualisation de traces laissées sur Internet.

2) En ce qui concerne l’éducation aux valeurs civiles, nous atteignons un seuil critique. Ce que plusieurs millénaires d’histoire ont construit, les usages non maîtrisés des technologies de l’information et des technologies convergentes risquent de le détruisent.

Trois sujets issus de la sphère cognitive illustrent un phénomène dont les finalités diffèrent :

- Les neurotechnologies nano-augmentées et communicantes ouvrent la voie à la réparation de fonctions sensori-motrices dégradées par le handicap, l’accident ou la maladie, voire le vieillissement. Elles permettront par exemple de rester plus longtemps autonome, et possèdent par conséquent une forte utilité économique et sociétale ;

- La vectorisation des capacités cognitives à des fins d’augmentation des protections en situation à risques comme les conflits militaires ou civils Par exemple, l’inclusion de nanoparticules d’or dans les neurones est utilisée dans la recherche de la détection précoce de gaz neurotoxiques. La vectorisation de nanoparticules pour l’augmentation des capacités cognitives à des fins d’obtention d’un avantage comparatif en situation de conflit pose la question des limites. Une concurrence intense en situation de concours ou de compétition économique entre-t-elle dans ce champ ou non ? L’avantage doit-il être réversible ? Comment identifier les responsabilités en cas de dommages ?

- Plus insidieux et peut être le plus important des sujets : c’est la contrepartie cognitive des machines multimédia intelligentes et ses effets sur les valeurs civiles. De tout temps les objets créés par l’homme ont rétroagi sur ses capacités cognitives, sa façon de les mobiliser, sa raison même. Les jeux à distance ( sérieux ou simplement ludiques) dans des univers virtuels où chacun peut créer un avatar à l’image qu’il souhaite se donner de lui-même menacent potentiellement la distance critique fondée sur les connaissances et les valeurs, c’est à dire les acquis de la civilisation, s’ils ne sont pas l’objet d’une éducation éclairée. Pourquoi ? Parce que les contenus interactifs issus des machines multimédia intelligentes s’infiltrent dans les failles émotionnelles plus rapidement que de raison. Ces mécanismes sont recherchés par les annonceurs publicitaires du cybermonde, quel que soit l’ « objet » à vendre ( marchand, prosélyte, politique, terroriste, …). De ce point de vue, Second Life apparaît comme un laboratoire in vivo d’expérimentation des pratiques sociales dont les usages et leurs impacts méritent d’être finement observés.

Pour conclure, la société de l’information à l’heure des nanotechnologies apporte un questionnement sociétal dont la complexité dépasse les cadres normatifs en vigueur. L’observation modeste des nouvelles pratiques, bénéfiques comme négatives, doit être conduite par les chercheurs et soutenue pas la puissance publique. La qualité de la gouvernance et de la confiance dans les valeurs démocratiques dépendra de la capacité du législateur et de l’exécutif de simplifier et d’adapter ces cadres au niveau adéquat de subsidiarité, et de conduire des politiques qui permettent d’en tirer le meilleur en limitant drastiquement et explicitement ses fruits les plus amers, fussent-ils immatériels.

Françoise ROURE

Les propos exprimés n’engagent que leur auteur. Paris, le 24 avril 2007


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